La dirigeante de la République de Chine, Tsai Ing-wen a réagi au discours de Xi Jinping, notamment l’annonce, entre autres, du plan «Un pays deux systèmes appliqué à Taiwan».

Cette dernière a alors expliqué que « tout d’abord, je dois indiquer solennellement que nous n’avons jamais accepté le consensus de 1992. La raison fondamentale en est que la définition de ce consensus par Pékin est une seule Chine, un pays et deux systèmes ».

« Aujourd’hui, le discours du dirigeant de l’autre rive confirme nos doutes. Je réitère que Taiwan n’acceptera jamais le principe d’Un pays, deux systèmes. L’opinion majoritaire taïwanaise s’oppose également à ce principe et cela est un consensus à Taiwan », a assuré Tsai Ing-wen.

En dépit de la défaite du Parti Démocrate et Progressiste dont elle est issue, lors des élections locales de 2018, cela « ne signifient pas que les Taïwanais sont prêts à abandonner leur souveraineté », a souligné Tsai Ing-wen.

« Les valeurs démocratiques représentant le mode de vie des Taïwanais, et la présidente exhorte la Chine à avoir le courage de faire un pas de plus vers la démocratie, l’unique moyen pour comprendre état d’esprit des Taïwanais », a-t-elle conclu en réaction aux propos du président chinois, Xi Jinping.

Un ton plus modéré quelques heures plus tôt

Lors de son discours du Nouvel an, le 1er janvier, la dirigeante taïwanaise avait assuré ne pas être opposée « à des interactions normales entre les deux rives du Détroit. Et nous sommes encore moins opposés à des échanges entre les municipalités des deux rives, mais ces échanges doivent être sains et normaux. Ils ne peuvent dépendre de vagues conditions politiques, ni d’une soumission contrainte à des mots de passe ».

Pour cette dernière, « ce dont les deux rives ont vraiment besoin est d’une compréhension pragmatique des différences fondamentales entre les valeurs qu’elles épousent, leurs modes de vie et leurs systèmes politiques ».

Tsai Ing-wen a alors énoncé quatre impératifs pour un développement positif des relations trans-Détroit :

«J’appelle la Chine à faire face à la réalité de l’existence de la République de Chine (Taiwan) ; à respecter l’attachement des 23 millions de Taiwanais à la liberté et à la démocratie ; à aborder les différends entre les deux rives de manière pacifique et sur un pied d’égalité ; et à négocier avec le gouvernement de Taiwan ou des organismes mandatés par celui-ci».

Mais « avant que les deux rives puissent établir une relation durable, Taïwan doit faire face avec lucidité aux menaces pesant sur sa sécurité nationale, en particulier aux tentatives de la Chine de profiter de l’ouverture et de la liberté du système démocratique pour interférer dans les élections à Taiwan », a averti Tsai Ing-wen.

Pour cela, a-t-elle annoncé, la priorité sera donnée à la sécurisation des moyens de subsistance de la population, au renforcement de la sécurité des réseaux informatiques et à la lutte contre les campagnes de désinformation lancées par l’autre rive du Détroit, et enfin au contrôle démocratique des interactions entre les deux rives, afin de protéger l’état de droit à Taïwan.