Un vaccin contre la Covid-19 à base de protéines recombinantes, développé par la Chine, a été mis à disposition à Beijing.

Le vaccin (cellules CHO) a été développé conjointement par l’Institut de microbiologie de l’Académie des sciences de Chine et Anhui Zhifei Longcom Biopharmaceutical Co. Ltd.

Depuis le 27 mai, les chercheurs de l’institut ont reçu la première dose dans l’arrondissement de Haidian, à Beijing.

«La Chine a émis une autorisation d’utilisation d’urgence du vaccin le 10 mars, et des personnes de nombreuses provinces, dont l’Anhui et le Hubei, ont été vaccinées depuis. Le 3 mai, le premier lot de vaccin est sorti de la chaîne de production à Beijing», selon l’institut.

Selon les études menées, les résultats des essais de phase 2, qui ont concerné des personnes âgées de 18 à 59 ans, montrent que 83% des participants ont produit des anticorps neutralisants après deux doses du vaccin, et 97% après trois doses.

Les essais préliminaires menés chez des personnes âgées de 60 ans et plus montrent que le taux de séroconversion des anticorps neutralisants a atteint 95% après trois doses, «sans aucun effet indésirable grave lié à la vaccination».

«Le niveau d’anticorps neutralisants induit par le vaccin est comparable à celui d’autres vaccins à base de protéines recombinantes COVID-19 et de vaccins à ARNm dans le monde», a indiqué l’institut dans un communiqué.

Ce dernier a souligné que le vaccin à base de protéines recombinantes n’a pas besoin d’un laboratoire de biosécurité de haut niveau pour sa fabrication et peut rapidement être produit à grande échelle. Selon le fabricant, ce vaccin est plus rentable et plus facile à stocker et à transporter.

Selon Dai Lianpan, membre de l’équipe de développement de vaccins et chercheur de l’institut, «la technologie du vaccin recombinant est arrivée à maturité et a été utilisée pour les vaccins contre plusieurs maladies telles que l’hépatite B et le zona».

L’intervalle recommandé entre deux doses de vaccin est d’un mois. «Deux doses peuvent produire des anticorps neutralisants d’un niveau légèrement inférieurs à celui des patients rétablis, mais trois doses permettront de doubler les niveaux et de produire un effet immunitaire plus durable», a indiqué Dai Lianpan, ajoutant que le vaccin recombinant peut induire des réponses immunitaires plus fortes.

Les chercheurs ont testé le vaccin contre le Covid-19 chez une variante détectée pour la première fois en Afrique du Sud et ont trouvé que l’effet immunitaire diminuait mais que les niveaux des anticorps restaient majoritairement efficaces.

D’ailleurs, la Chine a publié le 28 mai des données sur les effets indésirables liés à l’inoculation massive de vaccins anti-Covid-19, montrant que les taux de réactions indésirables normales et graves «sont inférieurs à ceux d’autres vaccins courants, ce qui prouve en outre la sécurité de ces vaccins et stimulera la volonté de vaccination dans le monde», selon les experts cités par l’agence de presse, Xinhua.

A ce jour, a indiqué le 28 mai le Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies, un total de 31 434 effets indésirables ont été signalés sur 265 millions de doses utilisées entre le 15 décembre 2020 et le 30 avril 2021, soit 11,86 toutes les 100 000 doses.

«Parmi les effets indésirables, les réactions normales comme de la fièvre et des gonflements représentaient 82,96% tandis que les réactions graves telles que les allergies aiguës représentaient 17,04%. Ces chiffres sont inférieurs aux taux moyens d’effets indésirables signalés sur les vaccins courants utilisés en 2019», ont indiqué les scientifiques.

Parmi les cas d’effets indésirables sérieux, 188 ont été jugés « graves », ce qui signifie 0,07 cas pour 100 000 doses administrées, un taux d’occurrence « extrêmement faible ».

Zhuang Shilihe, un immunologiste basé à Guangzhou, la capitale de la province du Guangdong (sud de la Chine) a déclaré au Global Times que «les données révélaient que le taux de réactions indésirables graves était inférieur à celui des vaccins contre la grippe et significativement inférieur à celui des vaccins anti-COVID-19 à ARNm».