Les tensions sont montées d’un cran à Hong Kong ce week-end des 16 et 17 novembre, particulièrement aux abords de l’Université polytechnique devenue un épicentre des manifestations. Le 18 novembre matin, un important incendie s’est déclaré devant l’entrée du campus, alors que la police menaçait de durcir leurs interventions.

Le campus PolyU, situé sur la péninsule de Kowloon, est devenu ces derniers jours le bastion des manifestants pro-démocratie. Retranchés dans l’université, des centaines de protestataires ont allumé le 17 novembre de grands feux pour empêcher la police de la reprendre. Les manifestants souhaitent également maintenir le blocage d’un tunnel routier desservant l’île de Hong Kong fermé depuis mardi 12 novembre.

Mais ce lundi 18 novembre au matin, plusieurs explosions très fortes ont retenti avant qu’un mur de flammes n’apparaisse à l’entrée de l’Université. La police aurait tenté une intervention, mais elle a été repoussée par les manifestants déterminés à tenir leurs positions.

Dans la matinée, des partisans du gouvernement pro-Beijing s’étaient rassemblés pour nettoyer les rues et déblayer les barricades bloquant l’entrée du tunnel. Mais des manifestants sont intervenus pour les en empêcher, entraînant de premiers heurts avec la police.

Au crépuscule, la police tentait de reprendre le contrôle d’un pont piétonnier qui enjambe le tunnel. Elle a été accueillie par un déluge de cocktails Molotov qui ont causé des incendies, brûlant le pont et un véhicule blindé.

Selon les témoignages des journalistes et des manifestants sur place, l’incendie devant PolyU a pu être maîtrisé rapidement. Sur place, les manifestants ont fait part de leur sentiment d’impuissance face à la répression des forces de l’ordre.

Certains manifestants, filmés en train de quitter les lieux, ont été aspergés de gaz lacrymogènes, malgré les affirmations du président de la PolyU, Teng Jinguang, disant avoir reçu des garanties de la police.

« Nous avons reçu des assurances de la police sur le fait que vous pouviez quitter le campus pacifiquement », a-t-il déclaré dans un message vidéo. « Je vais personnellement vous accompagner jusqu’aux forces de police pour assurer que votre cas est traité de façon juste ».