Avant de publier les résultats du sondage de l’Association Chinoise du Bien-être de l’Animal, en collaboration avec Humane Society International et Avaaz, le Centre d’Informations Internet de Chine a écrit un article fustigeant les organisations de défenses internationales, jugeant leur comportement d’« extrémisme culturel ». En effet, la Humane Society International (HSI) a présenté au public et aux dirigeants une pétition signée par 11 millions de personnes, afin de fermer le Festival de Yulin.

De l’extrémisme culturel de la part des occidentaux

Pour le Centre d’Informations Internet de Chine (CIIC), ces « millions de protestataires pourraient n’être que du bluff, mais les médias occidentaux semblent s’opposer à ce festival et Yulin doit faire face à des pressions croissantes ». L’institution explique que le gouvernement de Yulin « avait été clair sur le fait, que le festival était un événement civil, qui n’a jamais été cautionné par le gouvernement ».

stop yulin« Ces dernières années, ce festival a perdu de son intérêt aux yeux des Chinois et son ampleur a diminué ». D’autant plus que les animaux de compagnie rencontrent un succès croissant en Chine, ainsi depuis une dizaine d’année, près de 30 millions de foyers possèdent désormais un chien, selon Euromonitor.

Malgré face l’engouement et l’acharnement des militants, le Centre d’Informations Internet de Chine assure que ce n’est pas de la responsabilité du gouvernement de « supprimer cette foire par des moyens administratifs ».

« Il est compréhensible, que de nombreux occidentaux s’opposent au fait de manger du chien », écrit le CIIC.  D’autant que « manger de la viande de chien n’a jamais été une tradition populaire sur l’ensemble de la Chine et le Festival de Yulin est un cas isolé ».  Il existait toutefois, le festival de la viande de chien de Jinhua Hutou, dans la province du Zhejiang, qui a été interdit en 2011. Cet événement vieux de 600 ans a été fermé après la pression des militants et la campagne médiatique qui s’est déroulée dans tout le pays

Pour le CIIC, « cette tradition de manger de la viande de chien ne devrait pas être abandonnée de force, car il s’agirait d’une violation des droits de l’homme ». D’ailleurs, la polémique internationale suscitait par ce festival n’est rien d’autre qu’une « sorte d’extrémisme culturel », pour le CIIC.

Paradoxe : entre honte et recrudescence du marché

Malgré la position du Centre d’Informations Internet de Chine, site officiel du gouvernement, les vendeurs de viande de chiens font profil bas. Craignant les protestations des militants des droits des animaux, les restaurants locaux ont décidé de masquer le caractère chinois « chien » (犬) sur leurs écriteaux pour « éviter les ennuis ». Certains restaurants ont préféré changer leur nom.

resturants viande de chien

Capture d’écran China Internet Information Center

Mr. Li, vendeur de viande de chien, interrogé par le Global Times, a expliqué que « le gouvernement a exigé des fournisseurs qu’ils recouvrent leurs enseignes ». De plus, « récemment, les autorités ont souvent demandé à vérifier les licences de ces restaurants et vendeurs, comme leur attestation sanitaire des aliments et leur autorisation d’exercer », a précisé ce dernier.

Certains défenseurs des animaux dénoncent ces pratiques de dissimulation, « ils savent que c’est quelque chose de honteux, donc ils essaient d’en couvrir le nom« , a expliqué au Global Times, Wang Xiaojun, directeur principal de la communication au groupe international de protection des droits des animaux, World Animal Protection.

Malgré les actions des détracteurs de ce type de festival, l’exposition médiatique du festival a poussé « beaucoup d’amateurs venus du Nord de la Chine ou de la province voisine du Guangdong » à venir « goûter cette viande », a indiqué Mr. Zhou.

Ce dernier a expliqué qu’avant la couverture médiatique du festival, qui a lieu depuis les années 1990, « il n’y avait guère que des gens d’ici qui achetaient de la viande de chien à l’occasion du solstice ».

En effet, « le marché a stimulé la chaîne de production. Afin d’obtenir des chiens, beaucoup de gens recourent au vol et à l’empoisonnement, ce qui peut être dangereux, car certaines personnes peuvent avoir été intoxiquées après avoir mangé des chiens empoisonnés », selon Jiang Hong, responsable d’un groupe de protection des animaux basé à Xi’an.

Ce dernier a expliqué au quotidien que « le gouvernement a la possibilité de dire au public que ce genre de tradition est mauvaise et devrait être interdite ». Cependant, il n’existe loi ou réglementation de protection des animaux, en Chine.