Wu Jianmin est décédé samedi 18 juin au matin dans un accident de voiture à Wuhan, dans la province du Hubei. Né en 1939, Wu Jianmin est considéré comme un « diplomate intelligent, raffiné et sincère », qui a impressionné tout au long de sa longue carrière beaucoup de ses homologues, collègues et amis.

Il a été l’interprète des hauts dirigeants chinois Mao Zedong, Zhou Enlai et Chen Yi. Ce dernier faisait également partie de la première délégation chinoise aux Nations Unies, avant de devenir porte-parole du ministère des affaires étrangères. Il aura été ambassadeur de Chine dans plusieurs pays, dont la France, et président de l’université des Affaires étrangères de Chine.

Un homme « rigoureux, conscient de ses hautes responsabilités »

Wu Jianmin

Rreprésentant permanent de la Chine à l’ONU à Genève entre 1997 et 1998

Dans une interview accordée au Centre d’Information Internet de Chine, Zhong Jie, ancienne secrétaire chargée du protocole lorsque Wu Jianmin était représentant permanent de la Chine à la Mission permanente de l’ONU à Genève entre 1997 et 1998, a évoqué un individu « rigoureux, conscient de ses hautes responsabilités ».

Cette dernière a expliqué les habitudes de vie de l’ancien ambassadeur de Chine, à Paris. Il « maintenait une hygiène de vie stricte. Chaque matin et chaque soir, l’ambassadeur pratiquait le tai-chi », qui « était son moyen privilégié pour se maintenir en forme ».  

Un diplomate hors-pairs, « l’ambassadeur disait souvent que la diplomatie est un art de la communication », a expliqué Zhong Jie. « En diplomatie, on ne peut pas réciter son texte, il faut se faire comprendre de manière aisée. Cette idée a été le fil conducteur de sa carrière diplomatique. Même après son départ à la retraite ».

« Beaucoup de ceux qui connaissaient Wu Jianmin le décrivent en employant l’adjectif raffiné », révèle Zhong Jie qui a ajouté que « le raffinement et la modération de l’ambassadeur faisaient partie de son charme personnel unique. Sa philosophie dans la diplomatie était qu’on ne peut pas parler uniquement de politique, il faut mettre l’accent sur la communication. Cependant, la modération ne signifie pas le compromis sur la souveraineté et la dignité nationales, comme le montrait l’ambassadeur Wu en restant ferme sur ses positions ».

Hommage à un grand diplomate et une personne aimée

Wu Jianmin, ambassadeur de Chine en France

Wu Jianmin, ancien ambassadeur de Chine en France

Jean-Marc Ayrault, Ministre des affaires étrangères et du développement international, a fait part de « la tristesse des autorités françaises à la suite du décès accidentel de l’ambassadeur Wu Jianmin. Ambassadeur de Chine en France pendant cinq années, de 1998 à 2003, fin connaisseur de la France, il n’a cessé d’œuvrer au développement des relations franco-chinoises. Nos pensées vont vers sa famille et vers ses proches ».

Pour l’Ambassadeur de France en Chine, Maurice Gourdault-Montagne, « avec le décès de Wu Jianmin, ancien Ambassadeur de Chine en France, la relation franco-chinoise, à laquelle il a tant travaillé, perd un grand ami, et un vrai connaisseur de la France. Il était pour moi un maître dont j’ai tant appris, et j’admirais l’élévation de sa pensée. Nous sommes dans la peine et nous adressons toutes nos pensées à sa famille ».

Pour Li Junfeng, directeur général du Centre national de stratégie sur le changement climatique et de coopération internationale, « l’ambassadeur et moi n’étions pas des amis proches, mais sa pensée diplomatique m’a profondément impressionné. Il pensait que la responsabilité des diplomates était envers la paix, la résolution des conflits, et la transformation de l’hostilité en amitié. Il était particulièrement opposé à la pensée nationaliste étroite ». Ce dernier a également adressé un message de soutien à la famille.

De son côté, le traducteur Shen Dali a fait part de sa peine, indiqué que « Wu Jianmin était un de nos anciens camarades de l’Université des langues étrangères, ma femme et moi sommes dans la peine après avoir appris sa mort soudaine ».