Une délégation américaine va se rendre à Taïwan, ravivant les tensions entre la Chine et les États-Unis, accusés par Beijing de «mettre la paix en danger».

Dans un communiqué publié sur le site du gouvernement taïwanais, le ministère des Affaires étrangères de Taïwan s’est félicité de la prochaine visite du secrétaire américain à la Santé, Alex Azar.

Le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux des Etats-Unis, Alex Azar, conduira une délégation à Taïwan, une visite au cours de laquelle il sera reçu par la dirigeante de Taïwan, Tsai Ing-wen.

Alex Azar devrait également s’entretenir avec le ministre des Affaires, Joseph Wu, et le ministre de la Santé et des Affaires sociales, Chen Shih-chung. Il prendra également part à une discussion avec des experts médicaux, afin de renforcer la coopération médicale entre Taïwan et les Etats-Unis.

La visite d’Alex Azar sera la première à Taïwan d’un membre du gouvernement américain depuis 2014, et la visite de l’un des plus importants responsables américaine depuis 1979.

Cette année-là, les États-Unis avaient rompu leurs relations diplomatiques avec Taïwan, afin de reconnaître le gouvernement chinois, comme le seul représentant de la Chine. Les américains restent toutefois son allié le plus puissant du territoire insulaire et son principal fournisseur d’armes.

D’après le ministère, « Alex Azar est un ami indéfectible de Taïwan qui, depuis sa prise de fonction, a fermement soutenu l’inclusion de Taïwan à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ».

D’après les autorités taïwanaises, « lors de l’Assemblée mondiale de la santé et à l’occasion d’autres réunions internationales, il a agi concrètement pour manifester le soutien des Etats-Unis à la participation de Taïwan aux affaires sanitaires globales ».

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, a ajouté le ministère, « Alex Azar a cité en exemple à de multiples reprises le succès du modèle taïwanais de lutte contre l’épidémie et a publiquement reconnu la contribution de Taïwan aux efforts mondiaux dans ce domaine ».

Ce déplacement risque de faire couler de l’encre dans les prochains jours. Le bureau américain s’occupant des relations commerciales avec Taïwan a confirmé que le secrétaire américain à la Santé, Alex Azar, prendrait la tête de la délégation.

« Sa visite témoigne de la solidité de la confiance mutuelle et de la communication fluide entre Taiwan et les Etats-Unis », a indiqué le ministère. « Elle souligne aussi le soutien sans faille apporté à Taiwan par les Etats-Unis et le partenariat étroit existant entre les deux pays. Nos deux gouvernements continueront d’améliorer régulièrement ce partenariat coopératif à une échelle globale, de manière à défendre les valeurs partagées de démocratie, de liberté et des droits humains ».

La Chine, qui considère Taïwan comme une de ses provinces, a accusé les États-Unis de «mettre la paix en danger». « La Chine s’oppose fermement aux échanges officiels entre les États-Unis et Taïwan», a rappelé le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin.

Ce dernier a précisé que la Chine avait émis une protestation auprès de l’administration Trump. Washington doit éviter de «gravement porter atteinte aux relations sino-américaines ainsi qu’à la paix et à la stabilité dans le détroit de Taïwan», a-t-il ajouté.

L’annonce de la visite survient en période de dégradation quasi quotidienne des relations entre la Chine et les Etats-Unis, autour de sujets tels que la nouvelle loi sur la sécurité nationale à Hongkong, les droits de la minorité musulmane ouïghoure en Chine, le commerce et la technologie.

En dépit des liens bilatéraux, les États-Unis étaient auparavant prudents dans leurs contacts officiels avec Taïwan. Mais avec l’arrivée de Donald Trump, les choses ont radicalement changé, se rapprochant de Taïwan à mesure que les relations se dégradaient avec la Chine sur de nombreux sujets.

Peu après son élection, Donald Trump était devenu le premier président américain à s’entretenir avec son homologue taïwanais depuis 1979, quand Tsai Ing-wen l’avait appelé pour le féliciter.

L’administration Trump a multiplié les ventes de matériel militaire à l’île, y compris celle, en 2019, de chasseurs. La dernière visite à Taïwan d’un membre du gouvernement américain avait été celle, en 2014, du patron de l’Agence de protection de l’environnement. La précédente remontait à 2000, quand le secrétaire aux Transports de Bill Clinton s’était rendu sur l’île.