Durant la dynastie Tang, une femme d’humble extraction parvient à devenir impératrice de l’empire chinois. Wu Zetian arrive au sommet par le charme, la ruse et le crime, elle règnera durant un demi-siècle (655 à 705) d’une main de fer au sein de la cour impériale de Chang’an (actuelle Xi’an).

D’abord dans l’ombre de son mari l’empereur Gaozong, puis de son fils, l’empereur ZhongZong, et enfin en son nom propre. Elle n’est pas impératrice douairière, ni régente, ni seconde impératrice, mais bien impératrice régnante au même statut que l’empereur lui-même.

Lorsque Gaozong succède à Taizong en 649, il tente de prolonger les réformes de son père, et fait venir sa cour impériale à Luoyang (capitale orientale des Tang), parvenant ainsi  à renforcer son autorité dans la plaine Centrale de l’empire chinois.

Malgré son charisme et ses réussites politiques, Gaozong est surtout connu pour avoir été longtemps influencé par sa concubine Wu Zhao, autre nom de Wu Zetian.

Il la nomme impératrice de second rang en 655. Alors que l’empereur souffre de maladies chroniques l’empêchant de régner activement, Wu Zetian fait éliminer l’impératrice Wang, première épouse de l’empereur Gaozong, et une autre des favorites de l’empereur, devenant la personne la plus influente de la cour impériale Tang.

À la mort de Gaozong en 683, son fils Zhongzong qu’il a eu avec Wu Zetian, lui succède. Il règnera en 684, puis de 705 à 710. Mais Zhongzong sera écarté par sa mère qui intronisera son autre fils Ruizong, tout en conservant le pouvoir en tant qu’impératrice douairière. Il règne de 684 à 690, puis de 710 à 712, mais elle l’écarta à son tour du trône impérial pour prendre elle-même le pouvoir en 690. Ruizong sera rétrogradé au rang de prince héritier sous le nom de Wu Dan.

Wu Zetian prend le pouvoir en son nom propre, fondant la seconde dynastie Zhou. Elle se fait décerner le titre de «Roue d’or, Divine Impératrice de Sagesse». Au fur et à mesure de son règne, elle prendra différents titres comme la Roue d’or Éternelle, la Divine Roue d’or Douée, et Maitreya, connu pour être un mahâsattva (grand être) qui deviendrait le Bouddha à venir.

Wu Zetian devient la première et unique impératrice de Chine. Elle a eu plus de 60 ans de règne, entant qu’impératrice régnant et douairière. Elle est traditionnellement dépeinte comme une femme ambitieuse sans scrupules et prête à tout pour avoir le pouvoir.

L’historiographie traditionnelle chinoise lui attribue de nombreuses atrocités et immoralités : le meurtre de son propre enfant dans un complot pour supplanter un rival, la mutilation des personnes puis exécutions, des liaisons sexuelles avec ses partisans, sa nature superstitieuse et sa manipulation de la nécromancie et de nombreux autres méfaits, selon Mark Edward Lewis.

Pour certains historiens certaines de ces accusations découlent de cliché des scribes ayant fait relaté son sa vie et son règne. De plus, l’historiographie a tendance à dépendre les femmes de pouvoirs comme des personnes cruels, manipulateurs et charmeurs, à l’instar de l’impératrice douairière Ci Xi.

Wu Zetian serait une fervente bouddhiste dominée politiquement par les moines, et ne délaissant pas pour autant la sagesse taoïste, qui aurait été sa religion de prédilection.

Les avis divergent concernant le règne de Wu Zetian. Certains attestent que de «son attachement à renforcer l’armée et la défense du pays qui permit la conquête de vastes espaces dans l’Ouest, ainsi que de la péninsule de Corée».

D’autres assurent qu’elle voulait «diminuer l’importance de l’armée, afin de la garder seulement comme un moyen d’éducation morale pour le peuple».

Malade, elle ne peut plus rencontrer ses ministres dès 704. Un an plus tard, une nouvelle rébellion a lieu, menée par le premier ministre Zhang Jian qui l’oblige à abdiquer en février en faveur de l’héritier, Zhongzong, qui reprend son trône.

Wu Zetian se retire au palais de Shangyang au sud-ouest de Luoyang, elle décède en décembre 705. Sa dépouille repose dans le mausolée de Qianling.  Son fils lui décerne à titre symbolique le titre de «Grand et saint empereur Zetian».