Xi Jinping promet une « nouvelle ère » à la Chine
Le président Xi Jinping a une nouvelle fois imposé sa marque, en prononçant un discours de plus de trois heures, en ouverture du 19ème Congrès du Parti communiste chinois, au Palais du peuple, à Pékin.
Le secrétaire général du PCC a promis « une nouvelle ère » du socialisme à la chinoise au cours de laquelle sera bâti un pays « puissant et moderne ». De nombreux observateurs ont indiqué que la nouvelle ère qui s’ouvre symbolise largement l’avènement de Xi Jinping, qui obtiendra un deuxième sacre de cinq ans à l’issue du Congrès.
Arrivé souriant aux côtés de ses deux prédécesseurs, Jiang Zemin et Hu Jintao, sous les applaudissements des quelque 2300 délégués réunis dans la salle pour l’occasion, Xi Jinping a délivré un discours d’extrême fermeté, dans la lignée de son premier mandat.
Le maître de Pékin a considérablement renforcé son pouvoir depuis sa nomination fin 2012 et a accru l’emprise du PCC sur la société. Xi Jinping a appelé l’assistance à «en faire davantage pour défendre l’autorité du parti et le système socialiste chinois et à s’opposer résolument à toute parole et action de nature à les saper».
Conservateur, Xi Jinping a salué la dynamique «extraordinaire» de la vaste campagne anti-corruption lancée depuis cinq ans, et a estimé qu’elle ne devait jamais cesser, en réaffirmant la nécessité d’une discipline au sein du Parti. «Toute ligne de pensée ou de conduite cantonnée à la satisfaction de ses plaisirs, à l’inaction, à la paresse et à l’évitement des difficultés est tout simplement inacceptable», a-t-il martelé.
Xi Jinping a aussi défendu un strict respect de l’intégrité territoriale chinoise.
«La Chine s’est fermement opposée à l’indépendance de Taïwan au cours des cinq dernières années et l’a empêché d’advenir», a-t-il déclaré, en ajoutant que «toute activité séparatiste sera résolument combattue».
Les relations se sont fortement tendues avec l’île depuis l’élection de la présidente Tsai Ing-wen, début 2016, qui prône la fermeté face à Pékin, et dirige le Parti progressiste démocratique, dont un courant pousse à l’indépendance. Le gouvernement de Taipei a réagi en affirmant que les 23 millions d’habitants de l’île disposaient du droit «absolu» de décider de leur avenir.
Parallèlement, Xi Jinping s’est de nouveau présenté comme le défenseur d’une économie globalisée. Il a notamment réitéré la promesse faite en 2013 d’accorder un «rôle décisif» au marché dans l’allocation des ressources économiques, assuré que la deuxième puissance économique mondiale allait «s’ouvrir davantage» et promis un traitement «équitable» aux entreprises étrangères.
Reste à savoir si, cette fois, ce discours sera appliqué. Tout récemment, la Chambre de commerce européenne à Pékin évoquait sa «lassitude» face aux «engagements jamais concrétisés», les milieux d’affaires étrangers se plaignant de discriminations drastiques dans certains secteurs.
Plus globalement, Xi Jinping a estimé que les perspectives pour son pays étaient «radieuses», mais qu’il avait «de graves défis à relever». Il a aussi tenté de décrire la «nouvelle ère» évoquée. Après avoir «résolu le problème de nourrir et de vêtir plus d’un milliard de personnes», le régime doit désormais répondre «à leurs besoins d’une vie meilleure, non seulement sur le plan matériel et culturel», mais également en termes de «justice», «sécurité» et «d’environnement», a précisé le secrétaire général du PCC.

