Créé en en novembre 1931 sous le nom « Red China News Agency », cette agence de presse prend le nom de « Xinhua » en 1937. L’agence possède 107 bureaux dans le monde entier et 31 bureaux en Chine, son siège social est situé à Beijing. Employant plus de 10.000 personnes, Xinhua a commencé à être diffusée à l’étranger, principalement en langue anglaise dès 1944.

En 1948, l’agence établie sa première filiale  en outre-mer, par la suite elle ouvre des bureaux dans plusieurs pays. Avec l’évolution des technologies, Xinhua diffuse ses nouvelles dans le monde entier : Asie, Moyen-Orient, Amérique latine, Afrique, Océanie, Hong Kong et Macao. Il existe plus de cent filiales de Xinhua.

En tant qu’organe d’état, l’agence reçoit des subvention de l’État, qui recouvrent environ 40% de ses dépenses. D’autant que Xinhua est  l’un des plus grand éditeur du pays, avec plus d’une vingtaine de journaux et une douzaine de magazines imprimés en chinois, anglais, espagnol, français, russe, et arabe. La société Xinhua est également présente dans les domaines de la construction, des relations publiques et dans le service de l’information.

tu_0L’agence de presse Xinhua est très présente sur le net, grâce à son site et aux différents médias lui appartenant. Les articles sont en accès libres, gratuits et traités avec sérieux en ce qui concerne les dépêches internationales.

Si bien que certains médias considèrent l’agence comme une source d’information crédible, d’ailleurs de nombreuses informations relatant de ce qui se passe en Corée du Nord sont reprises par les agences internationales.

Xinhua est l’une des rares agences de presse à posséder un journaliste à Pyongyuang. D’ailleurs, Noé Chartier écrit pour La Grande Époque que « le principe de logique de Xinhuanet.com est de persister à donner la priorité à l’intérêt national, à soutenir inébranlablement une guidance correcte de l’opinion publique et à sauvegarder l’authenticité ».  

Contrôle d’État et formation des journalistes

Entièrement contrôlée par le Parti Communiste Chinois (PCC), parti unique en Chine, l’agence de presse est dépendante du département de la propagande. Celui-ci se charge de vérifier la diffusion des informations conformément à la ligne idéologique du PCC.

L’agence est divisée en deux sections : le département domestique qui diffuse les informations au grand public et le département international. Ce dernier « est habilité à publier des informations sur la situation en Chine qui sont, (…), censurées par les responsables du département domestique ». D’ailleurs, « l’objectif de Xinhua reste le même: maintenir le monopole du PCC sur l’information », selon le rapport de Reporters Sans Frontières (2005).

D’un côté, le département domestique traite et diffuse l’information destinée à la population. Les sujets et les reportages sont orientés par le parti. Les chefs de section choisissent les informations susceptibles d’intéresser le public.

Xinhua_LogoDe l’autre, le département international, où les articles sont traduits par des journalistes chinois puis corrigés par des « experts », qui ne sont autre que des journalistes étrangers, qui s’assurent de la compréhension des articles. Ensuite, les articles passent entre les mains du chef de section qui vérifie le respect de la ligne idéologique.

Concernant les sujets dits « délicats » (Taïwan, indépendance du Tibet, grèves, …, les instructions sont claires : il interdit de diffuser dans les médias des articles qui sont sujets à polémique.

Ces articles sont réservés aux cadres du parti, d’autant plus que les journalistes rédigent un rapport sur les informations sensibles parues dans la journée, afin que les membres du parti puissent être mis au courant de ce qui se passe dans le pays.

Ces « références intérieures » sont produites par des journalistes expérimentés, qui sont capables de considérer si telle ou telle situation est sensible et susceptible d’être diffusée uniquement en interne.

Cette capacité d’analyse leur a été apprise dès leur entrée dans l’agence. En effet, Xinhua recrute les meilleurs étudiants des universités et les plus obéissants au parti. Ils poursuivent des formations au sein de l’agence, durant lesquelles, ils ont des « remises à niveau idéologique » de mouvance Marxiste.

Ainsi, l’idéologie marxiste et les directives du parti doivent être clairement assimilées par le journaliste. Une fois intégrer à l’agence, des séminaires sont organisés sous le thème d’« instruction civique et idéologique ». Cela consiste à « parler de politique, des règles et lois qui régissent la Chine, de la théorie des Trois représentativités de Jiang Zemin et de Xinhua », durant plusieurs jours.

Des exceptions aux règles

« Le contenu des dépêches : un manuel de propagande », révélé par RSF, indique clairement la prise de position des journalistes et de l’agence sur l’information : pro-PCC.

D’ailleurs, les journalistes possèdent un quota de dépêches par mois à publier, RSF parle de 60 dépêches par mois par journaliste. Cependant, une fois ses quotas atteint, plus aucun article n’est publié. De fait, le flux d’informations qui stresse tous les journalistes occidentaux n’a aucun effet sur les journalistes chinois.

Depuis plus d’une cinquantaine d’années, l’information est traitée de la même manière : linéaire. Cependant, parfois des informations parviennent à sortir du lot. Le 5 juillet 2009 lors des émeutes au Xinjiang du 5 juillet 2009, Xinhua a traité la nouvelle, le jour même où elles se sont déroulées. CCTV a d’ailleurs diffusé dans son journal du soir, le compte rendu des émeutes.

Événement exceptionnel. Une telle information, classée sensible, a été relayé le lendemain et quelques jours plus tard, comme cela a été le cas pour le SARS de 2003 ou l’affaire du lait contaminé de 2008. Il en a été de même pour les évènements de mai 2008, le séisme du Sichuan a été diffusé dans les médias, tout comme les plaintes des parents dont les enfants sont décédés.

Cependant, cette évolution a été suivie par un tour de vis rapide. Ainsi, concernant le séisme du Sichuan, les parents étaient contrôlés par la police, afin qu’ils ne s’adressent plus aux médias étrangers. Les journalistes ont été évincés de la région autonome tibétaine après les manifestations sanglantes de mars 2008.

xinhuaLes autorités sont parvenues à reprendre la main sur l’information et sur sa diffusion. Malgré les réactions parfois vives du gouvernement, les journalistes de Xinhua savent à quoi s’attendre, mais certains tentent tout de même d’informer leurs concitoyens.

Des journalistes de l’agence communiquent parfois des informations aux journaux Hongkongais et Taïwanais où les règles ne sont pas les mêmes que sur le continent.

Considérés comme des « traites », leurs photos sont affichés dans les rédaction de l’agence, ils sont montrés du doigt et mis délibérément au « placard ». Les chefs de section leur attributs des taches subalternes et « ennuyantes. Certains peuvent être arrêtés et emprisonnés pour avoir « divulguer des secrets d’état à l’étranger ».

Comme cela a été le cas pour Wu Shishen, journaliste au service politique de l’agence Xinhua, condamnée à la prison à vie pour avoir fournie à une collègue du quotidien Hong Kong Express, une copie du discours que devait prononcé Jiang Zemin (président de la République Populaire de Chine entre 1993 et 2003) lors du 14ème Congrès du PCC.

Le journaliste a été libéré en juillet 2005 après deux d’emprisonnement, son épouse également journaliste à Xinhua a du subir une surveillance accrue durant six ans.