Quatorze médias internationaux ont révélé le contenu de fichiers de la police du Xinjiang, hackés par un anonyme et transmis au chercheur allemand Adrian Zenz.

Les Xinjiang Police Files (fichiers de la police du Xinjiang) sont le fruit de longs mois d’un travail de vérification par quatorze médias internationaux – dont Le Monde –, qui ont exploité une vaste base de données.

Depuis des années, la Chine est pointée du doigt pour son traitement des minorités musulmanes au Xinjiang. Les « Xinjiang Police Files » sont des milliers de documents officiels de la police chinoise transmis à un consortium international de journalistes. Ils confirment selon ces médias la violence et l’ampleur du programme de rééducation de Pékin.

Ces documents mettent des visages, des identités sur une fraction des victimes de la politique sécuritaire de Pékin décrétée par Xi Jinping.

Subtilisées dans les serveurs de police de deux comtés de l’ouest du Xinjiang, les données contiennent des photos de détenus datant de 2018. Le plus jeune a 15 ans, la plus âgée 73.

De longs tableaux de données listent les identités et les raisons de l’incarcération, avec les raisons de leur arrestation, allant de s’être laissé pousser une barbe, d’avoir installé une application étrangère sur son téléphone portable ou de s’être prêté à une activité religieuse.

D’après les données relevées par les 14 médias. Les personnes sont enfermées dans un grand centre, où ils apprennent le chinois. En cas de problème, les gardiens sont autorisés à « tirer pour tuer ». Les mots d’ordre sont clairs: « briser les racines, l’héritage et les origines » des pensionnaires.

Pour le consortium, ces informations confirment les études et les nombreux rapports internationaux basés sur des informations récoltées sur le web chinois. Différents chercheurs, dont Adrian Zenz, ont été destinataire des « Xinjiang Police Files ».

Des journalistes et chercheurs étudient scrupuleusement les données en libre-accès, telles que les statistiques officielles des différents comtés du Xinjiang, les articles de la presse chinoise locale, les images satellites ou encore les témoignages de rescapés.

Cette fuite de données est considéré comme la première confirmation officielle directe et aussi détaillée de la politique de la Chine au Xinjiang.

Ces documents ont surtout été publiés au moment où Michelle Bachelet, la Haute-commissaire aux droits de l’Homme, est arrivée en Chine pour une visite officielle. Son déplacement, sur invitation de Pékin, est très critiqué.

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Plusieurs organisation et associations craignent une instrumentalisation de sa visite par le gouvernement chinois. Ces révélations la mettent clairement sous pression, car elle devra donner des éléments sur la situation dans la région autonome du Xinjiang.

Lors de sa rencontre avec la Haut-Commissaire aux droits de l’Homme, le ministre chinois des Affaires étrangères a pour sa part invité Michelle Bachelet à « clarifier les fausses informations » émanant de forces hostiles anti-chinoises.