Michelle Bachelet, la Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, est arrivée ce 23 mai en Chine, a annoncé le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin.

« Des dirigeants chinois et chefs des départements concernés rencontreront Mme Bachelet durant sa visite », a indiqué ce dernier lors d’un point de presse quotidien. Il s’agit de hauts fonctionnaires aux niveaux national et local, des organisations de la société civile, des représentants du monde des affaires ainsi que des universitaires.

Michelle Bachelet se rendra dans la province méridionale du Guangdong et dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang (nord-ouest), et aura des échanges étendus avec les gens de tous les milieux sociaux, a indiqué le porte-parole.

La Chine espère que la visite de Mme Bachelet promouvra davantage les échanges et la coopération entre les deux parties et qu’elle jouera un rôle actif dans les progrès de la cause internationale des droits de l’homme, a souligné Wang Wenbin.

Après plusieurs années de négociations avec les autorités chinoises, Michelle Bachelet doit rester six jours en Chine, jusqu’au 28 mai.

Michelle Bachelet a discuté en visioconférence avec les chefs de délégation d’environ 70 ambassades étrangères en Chine. Elle dit avoir négocié un accès à des centres de détention et pourrait s’entretenir avec des militants locaux des droits de l’homme.

L’ONU tente depuis 2018 d’obtenir un «accès libre et significatif» au Xinjiang (nord-ouest de la Chine). Cette région a longtemps été frappée par des attentats attribués à des séparatistes et des islamistes ouïgours. Elle

Des études d’ONG occidentales accusent la Chine d’avoir enfermé au moins un million de Ouïgours et de membres d’autres minorités musulmanes dans des camps de rééducation, voire d’imposer du travail forcé. Pékin dément ces accusations.

La visite de Mme Bachelet est la première d’un haut-commissaire aux droits de l’homme en Chine depuis 2005. Elle doit se rendre notamment à Urumqi, la capitale du Xinjiang, ainsi qu’à Kashgar, ville du sud de la région où la population ouïgour est particulièrement importante.

En raison de l’épidémie, la visite se déroulera en «circuit fermé», c’est-à-dire dans une bulle sanitaire. Pour la même raison, le Haut-Commissariat et la Chine ont décidé «après discussion» de ne pas intégrer de journalistes dans la délégation.

L’organisation de défense des droits de l’homme, Chinese Human Rights Defenders (CHRD), basée à Washington, a estimé que sa visite serait «soigneusement gérée et chorégraphiée» par Pékin. Les États-Unis, qui accusent la Chine de «génocide» et critiquent Michelle Bachelet pour son «silence persistant» face à des «atrocités», se sont dits «préoccupés» par cette visite.

Principalement musulmans, les Ouïgours constituent le principal groupe ethnique de la région autonome du Xinjiang, peuplé de 26 millions d’habitants.

Des études occidentales, fondées sur des interprétations de documents officiels, des témoignages de victimes présumées et des extrapolations statistiques, accusent Pékin d’avoir interné dans des «camps» au moins un million de personnes, d’effectuer des stérilisations «forcées» ou encore d’imposer du «travail forcé».

La Chine a indiqué que ces camps sont des «centres de formation professionnelle» destinés à combattre l’extrémisme religieux et à former les habitants à un métier afin d’assurer la stabilité sociale.