La ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock a demandé à son homologue chinois des « éclaircissements » après des révélations sur la répression visant la minorité musulmane des Ouïghours.

Lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue polonais à la suite de discussions au ministère des Affaires étrangères à Berlin le 24 mai 2022, la cheffe de la diplomatie allemande a évoqué le consortium de médias étrangers qui a publié une série de documents censés provenir du piratage d’ordinateurs de la police de la région du Xinjiang.

« La ministre des Affaires étrangères a évoqué les rapports choquants et les nouveaux documents sur les graves violations des droits de l’homme au Xinjiang et a exigé des éclaircissements sur ces accusations », a indiqué le ministère des Affaires étrangères après un entretien par visioconférence entre Annalena Baerbock et son homologue chinois Wang Yi.

« Les droits de l’Homme, pour la protection desquels l’Allemagne s’engage dans le monde entier, sont une composante élémentaire de l’ordre international », a souligné le ministère dans un communiqué.

« La préservation des droits humains pèse le plus lourd dans la balance », a ajouté le vice-chancelier Robert Habeck dans un communiqué. Ce dernier a assuré que le gouvernement allemand, composé des sociaux-démocrates, des Verts et des Libéraux, avait « modifié son approche face aux questions relatives à la Chine ».

« Nous diversifions de plus en plus et réduisons également notre dépendance de la Chine », a ajouté ce dernier, également ministre de l’Economie.

Pékin est le principal partenaire économique de l’Allemagne: plus de 245 milliards d’euros ont été échangés entre les deux pays en 2021, un chiffre en hausse de 15,1% sur un an.

Parmi les documents figurent des milliers de photographies, notamment d’identité, présentées comme ayant été prises dans les « camps de détention » de la région et montrant les visages de nombreuses « personnes détenues », adolescents et personnes âgées comprises.

Ces nouvelles révélations sont intervenues au moment où la cheffe de l’ONU pour les droits de l’Homme, Michelle Bachelet, a entamé une visite très attendue dans la région chinoise.

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La région autonome du Xinjiang (nord-ouest), touché par des attentats attribués à des séparatistes et des islamistes ouïghours, fait l’objet depuis quelques années d’une politique sécuritaire de la part de Pékin pour lutter contre le terrorisme.

Des ONG occidentales accusent la Chine d’y avoir interné au moins un million de Ouïghours et de membres d’autres minorités musulmanes dans des camps de rééducation, voire d’imposer du « travail forcé » et des « stérilisations forcées ».

Washington accuse Pékin de commettre un « génocide« . La Chine dénonce en retour le « mensonge du siècle » et présente les camps comme des « centres de formation professionnelle », destinés à combattre l’extrémisme religieux.