A l’approche des célébrations du centenaire, le 1er juillet, des millions de chinois sont incités à revenir aux sources de la révolution, à cultiver leur «esprit rouge».

«Sans le Parti communiste, il n’y aurait pas de Chine nouvelle… Sans Parti communiste, la Chine n’existerait pas… Le Parti communiste trime pour la nation, le Parti communiste a sauvé la Chine, l’a libérée et la guide aujourd’hui vers la lumière… Sans le Parti communiste, il n’y aurait tout simplement pas de Chine», dit la chanson 没有共产党就没有新中国 pinyin: Méiyǒu Gòngchǎndǎng Jiù Méiyǒu Xīn Zhōngguó, citée par RTS.

Parc d’attraction du PCC à Wuhan

Alors que les autorités renforcent l’idéologie du PCC et de la Nation, il existe un flou idéologique au sein de la population, selon Jean-Pierre Cabestan, professeur de science politique à l’Université baptiste de Hong Kong. «Les Chinois ne comprennent pas ce jargon communisto-marxiste, qui est incompréhensible. Dès qu’ils commencent à lire un document officiel, ils s’endorment au bout de deux minutes. Ce n’est donc pas pour eux: c’est le pouvoir qui parle au pouvoir», a expliqué ce dernier au média suisse RTS.

Le gouvernement essaie de relier son système économico-politique à la doctrine marxiste originelle, mais les réformes des années 1980 et l’ouverture au capitalisme brouillent l’intention. Ce « socialisme de marché » incarne cependant une flexibilité à l’origine de la longévité du parti, a indiqué Wu Haiyong, historien du Parti communiste chinois.

« Le Parti communiste a intégré de nombreuses théories au cours de son histoire et en fonction de la situation. Il en a extrait des solutions capables de résoudre les problèmes rencontrés (…) », a souligné ce dernier. « Les épreuves lui ont permis de développer ténacité et flexibilité. C’est la raison principale du succès du parti: il s’est continuellement adapté. »

Le parti n’a pas rejeté les préceptes communistes, en dépit des contradictions. «Les dirigeants gardent le cap», a assuré Wu Haiyong. « Nous atteindrons notre idéal communiste une fois que les individus auront tous atteint un haut degré de conscience morale. Pour arriver à cette utopie, il faut les libérer des contraintes économiques« , a souligné ce dernier.

Selon l’historien, « quand la productivité et l’économie auront atteint un stade de développement avancé, que nous produirons des richesses en suffisance, alors seulement l’égoïsme individuel, la concurrence seront réduites. Sans les préoccupations matérielles, les gens se traiteront d’égal à égal. Alors ils seront libres. C’est un long processus. Nous n’avons jamais cessé d’œuvrer en faveur de l’évolution vers le communisme. On ne sait pas combien d’années il faudra pour atteindre le but mais l’évolution est en cours ».

Le PCC a de nombreuses dimensions différentes, avec l’idéologie et l’organisation comme noyau de l’édifice. En suivant sa trajectoire centenaire, il est possible de comprendre les différences, ainsi que les continuités, entre le mouvement aux extraordinaires capacités de mobilisation qui a pris le pouvoir en 1949, les campagnes de masse des années 1950 à 1970 aux dénouements destructeurs, et le mélange d’adaptabilité néolibérale, et les principes d’organisation léninistes qui ont émergé à la suite de la Réforme et de l’Ouverture.

Grâce à son héritage révolutionnaire, le PCC a fait preuve d’une formidable capacité d’adaptation au cours de ces 100 années, «faite d’interprétations inventives de l’idéologie marxiste et de l’expérimentation politique», selon l’European Institut for Chinese Studies.