Nous célébrons cette année 2019, le 70eme anniversaire de la fondation de la République Populaire de Chine, de l’amitié Sino-africaine, mais aussi «l’année du cochon» symbolisant dans la culture chinoise «la fortune et le bonheur».

Au regard des sept décennies écoulées nous pouvons affirmer que l’amitié entre la Chine et l’Afrique est passé du stade de la rencontre des « damnées de la terre » au stade de l’Union pour «la fortune et le bonheur» partagées. Au cours de ces soixante dix années de lutte commune, la Chine, jadis pays arriéré, très pauvre, a atteint un niveau de vie supérieur à la moyenne mondiale et se rapproche indubitablement du niveau des économies à revenu élevé.

La Chine est également passée de la quasi-isolation à la plus grande Nation commerçante du monde. Durant les sept décennies passées, la Chine et l’Afrique ont noué une nouvelle alliance diplomatique et économique mutuellement bénéfique, basée sur l’amitié la plus ancienne, la plus riche, la plus puissante de la planète et la prospérité partagée. C’est pourquoi cette forme d’amitié s’avère très rare. Ce qui rend cette amitié rare demeure dans les succès enregistrés durant sept décennies, mais aussi au fait que les deux amies partagent les souffrances multiformes endurées pendant une période donnée de leurs histoires.

La Chine et l’Afrique ont souffert de l’invasion barbare des puissances étrangères, du pillage et de l’esclavage des colonisateurs. L’Afrique et la Chine doivent aussi le succès de leur amitié à eux-mêmes et ils ont besoin de la défendre face à l’adversité croissante dans l’arène internationale. Une façon de défendre cette historique et sincère amitié consiste à sympathiser d’avantage et à se soutenir mutuellement pour la «construction d’une communauté de destin encore plus solide».

Au cours des sept décennies écoulées, sous la bienveillante attention des dirigeants des générations passées et présentes de part et d’autre, l’amitié entre la Chine et l’Afrique est demeurée vivace et s’est même renforcée en dépit des vicissitudes de la situation mondiale et des évolutions politiques, économiques, en Chine et en Afrique. Aujourd’hui, le maintien de l’amitié entre l’Afrique et la Chine à son plus haut niveau se caractérise par le fait que cette amitié légendaire se transmet de génération en génération.

Durant les années 1950, les peuples africain et chinois se sont manifestés une profonde sympathie et se sont soutenus mutuellement, moralement et matériellement, dans leur lutte pour la conquête des indépendances nationales. La Chine a activement exprimé son soutien à la juste cause de ses frères africains. A cet effet elle a formé plusieurs cadres Africains, qui sont devenus par la suite de véritables acteurs des luttes d’indépendance.

Certains d’entre eux continuent à présent de jouer un rôle important sur les scènes nationales et même mondiales. L’Afrique et la Chine ont toujours coopéré étroitement dans les affaires mondiales. Les deux parties n’ont jamais affiché de divergences notoires pendant tout ce temps.

Ils ont des intérêts stratégiques communs, des positions communes sur de nombreuses questions clés aux niveaux mondial et régional. Aux Nations Unies par exemple et dans d’autres Organisations Internationales, la Chine et l’Afrique ont toujours tenu des consultations bilatérales, coopéré étroitement et travaillé ensemble pour protéger, défendre les droits et intérêts légitimes des pays en développement.

Au cours des sept dernières décennies, les pays occidentaux, notamment les États-Unis se sont immiscés de façon régulière et parfois violente dans l’amitié Sino-africaine. Ces Occidentaux ont conscience que grâce à leur grande ingéniosité et leurs richesses inestimables l’Afrique et la Chine sont appelées à contrôler la planète. En effet, sans l’Afrique et la Chine, que vaut le monde en termes de culture, de civilisation humaine et d’économie.

L’Afrique et la Chine constituent l’essence même du développement et de la civilisation humaine. En tant que telles, face aux épreuves a eux imposées, l’Afrique et la Chine doivent consolider leur amitié, leur solidarité en toute circonstance afin de conduire le monde vers un développement sain et «la promotion de la construction d’une Communauté de destin pour l’humanité».

En ce qui concerne le développement des actions de la Chine en Afrique au cours des dernières décennies, le plein essor de la coopération économique et diplomatique de l’empire du milieu a donné lieu à des accusations de «néo-colonialisme». Madame Hilary Clinton, ancienne Secrétaire d’Etat des USA, a mis en garde contre «le colonialisme chinois». Rex Tillerson, a mis en garde contre les «investissements chinois en Afrique».

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Le 13 décembre 2018, M. John Bolton, Conseiller en sécurité nationale auprès du Président Trump, a affirmé que les États-Unis d’Amérique vont adopter «la stratégie des États-Unis pour l’Afrique». Cette stratégie consiste notamment à encourager la collaboration économique et commerciale au profit des États-Unis, l’exportation du marché du travail des Etats Unis, le renforcement de la campagne antiterroriste et le réexamen de l’assistance à certaines missions de maintien de la paix des Nations Unies.

Je soutiens pour ma part qu’il est inutile d’avoir des soldats de la paix quand lesdits soldats ne maintiennent pas réellement la paix, n’assurent ni la sécurité ni la stabilité politique des états concernés.

La question qu’on est souvent amené à se poser est : A qui profite le marché ?

Le maintien de la paix n’est pas une fin en soi. La fin est plutôt la sécurité des citoyens et des biens, la stabilité politique des Etats démocratiques et souverains. Le maintien de la paix n’est qu’un instrument permettant d’instaurer la stabilité en général. Par conséquent, les pays occidentaux, les États-Unis en premier devraient mettre l’accent sur la stabilité politique ainsi que sur le soft power plutôt que sur leurs adversaires stratégiques.

Ils devraient cesser de grogner et réfléchir à des moyens de faire participer la Chine à toutes les actions en Afrique. Le continent africain est suffisamment grand pour accueillir tous les partenaires sincères du développement du continent. Au cours des décennies précédentes, les pays occidentaux ont procédé à un contrôle minutieux du paysage politique et économique dans leurs relations avec l’Afrique. Néanmoins la Chine s’est adaptée au système d’une manière nouvelle et propre à elle.

A cet égard j’affirme sans ambages que l’amitié de l’Afrique avec la Chine marque désormais le début d’une «nouvelle ère». Cette nouvelle ère permet au progrès économique de l’Afrique et de la Chine de continuer à monter en puissance même si l’économie chinoise connait en ce moment un ralentissement relatif par rapport à sa situation des années 2010.

Le ralentissement relatif de son économie n’a pas été un obstacle pour la Chine dans la mesure où le pays s’emploi résolument à soutenir le développement de l’Afrique plutôt que d’exploiter les ressources du continent comme d’autres le fond sans état d’âme depuis des siècles. Cette situation a entraîné un changement de paradigme dans les relations entre les deux parties. En conséquence, le nouveau millénaire voit le développement exponentiel de l’amitié entre la Chine et l’Afrique dans tous ses aspects.

Les peuples africains, ont noté que pour la première fois la coopération avec une puissance étrangère ne s’inscrivait pas exclusivement en faveur des seuls intérêts politiques et économiques du partenaire. La Chine considère son développement personnel comme inexorablement lié à celui du continent africain.

En réalité, la Chine est un exemple pour les pays africains mais également un phare pour le monde entier dans la stratégie de développement économique et social. C’est pourquoi, au lieu que la Chine ait peur qu’un continent africain développé puisse concurrencer ses intérêts, les Chinois ont décidé que le progrès de l’Afrique serait bénéfique pour les deux parties.

La Chine estime que les moins développés se révèlent être les plus pauvres. Il s’avère également vrais dans une perspective théorique que les pays les plus avancés sont les plus riches. Ce qui est novateur chez la Chine, c’est que la coopération Sud-Sud dans laquelle un partenaire a l’avantage de contribuer à faire avancer l’autre, cette coopération devrait se poursuivre aussi longtemps que le second aura atteint une symétrie économique et technologique.

Alors que l’Afrique et la Chine célèbrent leurs soixante dix ans d’amitié et de solidarité, les peuples chinois et africain doivent avoir à l’esprit que les générations précédentes (Mao Zedong, Zhou Enlai, Gamal Abdel Nasser, Julius Nyerere, Kwame Nkrumah, Hamed Bella, Agostino Neto, Modibo Keita…) ont exprimé le souhait testamentaire qu’ils apportent des jours positifs et déterminants ainsi que des changements effectifs dans le monde.

Les générations précédentes voudraient aussi voir une amitié agissant comme une étincelle qui enflamme les économies en développement et fait de la Chine-Afrique le premier et unique champion de toutes les amitiés. Chaque fois que les peuples africains et chinois discutent de ces anciennes générations, champions héroïques d’Afrique et de Chine, ils doivent se rappeler que le sacrifice, la douleur et le combat que lesdites générations ont mené pour construire les relations Afrique-Chine l’ont été pour deux raisons fondamentales: l’Honneur et la Dignité des peuples.
Héritage O combien difficile à porter.

Avec l’appui technique de Mlle: Ye Huiyun 叶慧云
Graduate student,Major : African Education
Institute of African Studies,Zhejiang Normal University