Cette année, 25 hauts responsables administrés par les autorités centrales ont jusqu’à présent fait l’objet de mesures disciplinaires.

Il s’agit d’un nombre record au cours de ces dernières années, signe que « l’attitude de tolérance zéro du Parti communiste chinois (PCC) vis-à-vis de la corruption et l’intensification de ses efforts pour lutter contre la corruption », a écrit l’agence de presse, Xinhua.

La campagne anti-corruption a déjà fait tomber de nombreuses têtes (financiers, responsables de sécurité ou de régulation, patrons du secteur de l’assurance). En 2021, 25 hauts responsables ont fait l’objet d’enquêtes disciplinaires, contre 23 en 2018, 20 en 2019 et 18 en 2020, indique un article du journal Legal Daily publié le 13 juillet.

Selon certains responsables, la situation de la lutte anti-corruption au premier semestre 2022 se caractérise par une augmentation du nombre de hauts responsables faisant l’objet d’une enquête disciplinaire et une hausse de la fréquence de ce genre d’actions.

«Cela reflète la forte détermination politique du Parti à réprimer la corruption, avec pour objectif d’éliminer le chancre de la corruption au sein du Parti et de créer un environnement politique sain», a indiqué Zhang Deshui, le directeur adjoint du Centre de recherche pour l’édification de l’intégrité du gouvernement affilié à l’Université de Beijing.

Le 28 juillet, la Commission centrale du contrôle de la discipline (CCCD) du PCC et la Commission nationale de supervision ont annoncé que Xiao Yaqing, le ministre de l’Industrie et des technologies de l’information (MITI), faisait l’objet d’une enquête pour des suspicions d’infractions à la discipline du Parti et aux lois.

Une réunion du MITI a indiqué que cette enquête disciplinaire sur le ministre reflétait « la volonté forte de la CCCD à promouvoir inébranlablement une gouvernance globale et rigoureuse du Parti », qu’elle soulignait « le caractère distinct du courage du Parti dans l’auto-réforme et qu’elle était un signal fort indiquant que la corruption serait punie avec une tolérance zéro ».

Xiao Yaqing est le premier dirigeant d’un ministère national à faire l’objet d’une enquête cette année.

Lire aussi : Le ministre de l’Industrie visé par une enquête pour corruption

Outre les politiques, la lutte anti-corruption touche désormais d’autres domaines, tels que le secteur financier. Ainsi, Ding Wenwu, le directeur général du Fonds national d’investissement dans les circuits intégrés, est le dernier responsable d’une entreprise d’Etat à faire l’objet d’une enquête.

D’après la CCCD, il fait l’objet d’une inspection disciplinaire pour une suspicion d’infractions graves à la discipline du Parti et aux droits. De son côté, Lu Jun, l’ancien directeur adjoint du Département de gestion des fonds de la Banque de développement de Chine et l’un des responsables du Fonds national d’investissement dans les circuits intégrés, fait également l’objet d’une enquête pour des raisons similaires.

Ces dernières semaines, un certain nombre de personnes liées à ce Fonds ont fait l’objet d’une enquête. Zhuang Deshui a déclaré que « les cas de corruption dans le secteur financier impliquaient souvent des montants extrêmement importants et risquaient d’engendrer des risques financiers pour le pays ».

D’ailleurs, le 18 juin 2022, le secrétaire général du Comité central du PCC, Xi Jinping, a exhorté à des améliorations coordonnées pour garantir que les fonctionnaires n’aient pas l’audace, l’opportunité ou le désir de se livrer à la corruption.

Ce dernier a exigé « une victoire totale dans la campagne de lutte contre la corruption », dans son discours prononcé lors d’une session d’étude de groupe du Bureau politique du Comité central du PCC sur l’amélioration de la capacité de lutte contre la corruption.