Les députés européens ont adopté une résolution condamnant la répression des militants pro-démocratie à Hong Kong, la Chine dénonce une ‘ingérence flagrante » dans ses affaires intérieures.

Les tensions montent entre la Chine et l’Union européenne. Les eurodéputés ont adopté une résolution condamnant la répression des militants pro-démocratie à Hong Kong, estimant que le récent accord Chine-UE sur les investissements mettait en danger la crédibilité de l’Europe en matière de droits de l’Homme.

Le texte « invite instamment » les 27 États membres à « envisager rapidement l’introduction de sanctions ciblées contre des personnes à Hong Kong et en Chine ». Le Parlement a averti qu’il tiendrait compte « de la situation des droits de l’Homme en Chine, y compris à Hong Kong, lorsqu’il sera invité à approuver l’accord d’investissement ». Le processus de ratification doit s’étaler jusqu’au début de l’année 2022.

L’accord Chine-UE sur l’investissement, conclu fin 2020, a été critiqué par de nombreuses voix dénonçant l’imposition de la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong et la politique de la Chine envers la minorité musulmane ouïghoure du Xinjiang.

La mission chinoise auprès de l’Union européenne (UE) a condamné et s’est opposée à cette résolution adoptée par le Parlement européen, soulignant qu’« une telle initiative interfère gravement dans les affaires intérieures de la Chine et les affaires de Hong Kong ».

« Certains membres du Parlement européen ont confondu le bien et le mal en encourageant l’adoption de la soi-disant résolution », a déclaré un porte-parole de la mission chinoise, ajoutant que la Chine condamne fortement et est fermement opposée à cette décision.

Ce dernier a dénoncé « les allégations de la résolution selon lesquelles la Loi de la Chine sur la sauvegarde de la sécurité nationale dans la Région administrative spéciale de Hong Kong (RASHK) contreviendrait à la Déclaration conjointe sino-britannique », assurant que la Chine gouverne Hong Kong conformément à la Constitution de la République populaire de Chine et à la Loi fondamentale de la RASHK, et non sur la base de la Déclaration conjointe sino-britannique.

« Aucun pays ni aucune organisation n’a le droit de se mêler des affaires de Hong Kong sous le prétexte de la Déclaration conjointe », a ajouté le porte-parole. Ce dernier a tenu à expliquer les raisons de la mise en place de la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong.

« La Loi sur la sauvegarde de la sécurité nationale dans la RASHK ne cible que les activités criminelles qui portent gravement atteinte à la sécurité nationale et a comblé les lacunes législatives en termes de maintien de la sécurité nationale à Hong Kong », a a précisé le porte-parole de la mission chinoise.

Selon lui, « ce texte représente une étape majeure pour améliorer le concept un pays, deux systèmes ». Avec la mise en œuvre de la loi, a-t-il poursuivi, la paix et la stabilité ont été rétablies et la justice confirmée dans la société de Hong Kong, et les droits et libertés légitimes des résidents de Hong Kong ont été mieux protégés dans un environnement plus sûr.

« Ce sont des faits indéniables », a souligné le porte-parole. « Ce que je veux répéter, c’est que la Chine est un pays régi par l’Etat de droit et que Hong Kong est une société fondée sur le droit où tout le monde est égal devant la loi. Les lois doivent être respectées et les infractions doivent être sanctionnées. C’est fondamentalement la base de l’Etat de droit », a-t-il noté.

« Nous exhortons le Parlement européen à reconnaître le fait que Hong Kong est revenu dans le giron de la Chine, à respecter le droit international et les normes fondamentales régissant les relations internationales, à rejeter les doubles critères, à respecter sincèrement la souveraineté de la Chine et l’Etat de droit à Hong Kong, et à cesser immédiatement d’interférer sous quelque forme que ce soit dans les affaires intérieures de la Chine et celles de Hong Kong », a conclu l’envoyé.