Alors qu’Ant Group obtient le feu vert pour son introduction en Bourse à Hong Kong, les Etats-Unis pourraient inscrire le groupe chinois sur sa liste noire.

Le département d’Etat des Etats-Unis a proposé à la Maison blanche d’inscrire le géant des paiements Ant Group sur une liste noire d’entreprises chinoises, ad’après deux sources proches du dossier à l’agence de presse, Reuters.

Le calendrier de l’examen de la proposition d’inscription sur liste noire n’est pas encore arrêté. L’administration Trump cherche à adresser un message aux investisseurs internationaux pour les dissuader de participer à l’introduction en Bourse d’Ant Group, simultanément à Shanghaï et à Hong Kong, une opération dont le montant pourrait atteindre 35 milliards de dollars (29,8 milliards d’euros).

En effet, le régulateur chinois a approuvé la demande d’Ant Group, filiale financière d’Alibaba, de s’introduire à la Bourse de Hong Kong alors que l’entreprise prévoit de lever environ 35 milliards de dollars (29,8 milliards d’euros) via une double cotation à Hong Kong et Shanghai.

L’introduction en bourse d’Ant Group, dont le système de paiement mobile est le numéro un en Chine, pourrait dépasser l’IPO record de Saudi Aramco, qui a réussi à lever en décembre 29,4 milliards de dollars (26,5 milliards d’euros).

L’entreprise prévoit de demander l’autorisation d’inscription à la bourse de Hong Kong, a déclaré l’une des sources. La maison mère d’Ant, Alibaba, a refusé de commenter ces informations.

L’application de paiement mobile Alipay, filiale mère de la stratégie commerciale d’Ant Group, n’est pour l’instant pas accessibles aux consommateurs américains aux Etats-Unis selon le groupe chinois.

Cependant, certains membres de l’administration américaine craignent que la Chine parvienne à l’avenir, via les produits d’Ant, à accéder à des données bancaires américaines sensibles.

Le Comité sur les investissements étrangers aux Etats-Unis (CFIUS), chargé de ce type de dossiers sensibles, avait bloqué en 2018 un projet de rachat par Ant Group du spécialiste américain du transfert d’argent Moneygram en invoquant des risques pour la sécurité nationale.

Le département d’Etat n’a pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaire de la part de l’agence de presse britannique, Reuters. Ant Group, filiale à 33% d’Alibaba Group Holding, s’est refusé à tout commentaire.

Dans un récent communiqué adressé à Reuters, le groupe chinois avait souligné qu’il ne réalisait hors de Chine que 5% de ses activités. Alipay est très majoritairement utilisé par des consommateurs chinois disposant de comptes bancaires en yuans, la plate-forme est connectée à de nombreux commerçants américains pour accepter des paiements de touristes, d’hommes d’affaires et d’entreprises chinois.

« La Chine s’oppose à ce que les Etats-Unis abusent du concept de sécurité nationale et de leurs pouvoirs nationaux pour opprimer des pays étrangers. Cela tient du harcèlement », a déclaré de son côté Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

« La Chine prendra les mesures nécessaires pour préserver les droits et les intérêts légitimes des entreprises chinoises », a-t-il ajouté lors d’un point presse.

La liste noire dressée par Washington limite la capacité des entreprises américaines à faire des affaires avec les sociétés chinoises qui en font partie. Cette liste est devenue l’un des principaux instruments de l’administration Trump dans sa campagne visant à freiner la montée en puissance de la Chine sur la scène économique mondiale.