Le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine sont devenus depuis 2001 (entrée de l’Afrique du Sud en 2010), année de leur rassemblement, les pays émergents les plus puissants au monde, même si certains d’entres eux ont une économie ralentissant.

Alors que certains experts annonçaient la fin de ce groupe, les dirigeants des BRICS ont décidé lors du Sommet de Goa, les 15 et 16 octobre 2016, de s’organiser pour créer des institutions fortes leur permettant de sortir des instances occidentales. Un moyen supplémentaire – en plus de la BAII – de peser sur la scène économique internationale.

Un rassemblement pérenne 

Pour Jim O’Neill, inventeur de l’acronyme BRIC en 2001, avant l’entrée de l’Afrique du Sud en 2010, « il serait naïf de croire que l’importance des BRICS est exagérée. Les économies combinées des quatre membres originaux du BRIC correspondent à peu près aux prévisions que j’avais formulées il y a fort longtemps« .

D’ailleurs, le groupe des cinq puissances émergentes produisent plus de 22% du PIB mondial et abrite plus de 40% de la population mondiale. Pour Pepe Escobar, journaliste brésilien et analyste indépendant en géopolitique, il est évident que « d’un point de vue économique, les perspectives de BRICS ne sont pas aussi désastreuses qu’il y a un an ».

D’ailleurs, « le scénario à moyen terme promet une stabilité des prix des matières premières. Même le FMI, qui n’est pas toujours absolument fiable, parie que la Russie aura une croissance de 1,1% en 2017 (après une récession de 3,7% en 2015), alors que le Brésil pourrait regagner 0,5% », a précisé ce dernier au média russe RT.

Cependant, il est « vital que les BRICS améliorent les niveaux de coopération », a expliqué le Premier ministre indien, Narendra Modi. Pour cela, ce dernier a appelé au démantèlement des barrières commerciales et à la promotion des infrastructures. « La promotion de l’engagement économique et commercial a représenté l’élan fondateur des BRICS« , raison pour laquelle, il n’y a pas de raison pour que le bloc ne s’épanouisse pas, a indiqué de son côté, le président chinois Xi Jinping.

Ce dernier a d’ailleurs souhaité que l’ensemble des membres BRICS lancent « des actions concrètes pour renforcer la confiance », car « à long terme », les perspectives de développement « sont toujours positives ».

Institutionnaliser le groupe

Petit à petit le groupe s’est organisé, des réunions ministérielles régulières ont été instauré dans des domaines de l’éducation, la santé ou encore la défense. Des rencontres fréquentes entre les présidents des BRICS et les ministres d’autres pays sont organisés tout au long de l’année. Mais il s’agit surtout de créer des institution en mettant en place une banque de développement, destinée à faciliter la coopération.

Cette banque de développement sera établie à Shanghai et possédera une réserve d’arrangement assurant des liquidités aux autres membres de la coalition en cas de crise économique. Cette banque est la représentation de la volonté du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud de définir une politique économique et diplomatique commune.

Pour cela, ils ont également décidé de créer leur propre agence de notation, sortant ainsi du carcan occidental, dominé par les agences Moody’s, Standard and Poor’s et Fitch. Le Premier ministre indien Narendra Modi, a précisé, lors d’une rencontre en comité élargi du groupe, que « la construction d’institutions était l’objectif principal de nos efforts. Nous nous sommes entendus pour instaurer le plus vite possible une agence de notation des BRICS ».