La cheffe de l’exécutif hongkongais Carrie Lam, alliée de Beijing, a promis le 11 mai de revoir le système éducatif, estimant que l’enseignement de la culture générale avait contribué à nourrir le mouvement pro-démocratie.

« En ce qui concerne la manière, à l’avenir, d’aborder les cours de liberal studies (un cours de culture générale destiné à forger l’esprit critique, NDLR) nous allons certainement clarifier les choses avant la fin de l’année », a-t-elle déclaré dans un entretien publié le 11 mai dans le journal Ta Kung Pao favorable à Beijing.

Alors que les tensions politiques connaissent un regain, ces déclarations risquent de susciter la colère des militants pro-démocratie qui dénoncent la pression de Beijing sur les libertés dont jouit le territoire.

Avec le soutien de pouvoir central, le gouvernement de Carrie Lam tente de faire passer un projet de loi visant à sanctionner toute offense à l’hymne national chinois, et des personnalités proches du pouvoir veulent l’adoption d’une loi anti-sédition.

Cette nouvelle législation a pour objectif de freiner le mouvement grandissant – en particulier chez les jeunes – en faveur de la démocratie et d’une plus grande autonomie par rapport à la Chine. Pour l’opposition, ces lois vont réduire la liberté d’expression.

Les écoles et universités de Hong Kong sont parmi les meilleures d’Asie et l’enseignement y connait un programme totalement différent de celui de la Chine continentale. Des cours de culture générale ont été introduits en 2009 et les écoles sont libres de choisir la manière de l’enseigner.

Cependant, ces écoles et universités sont devenus la bête noire des médias chinois et de la classe politique pro-Beijing qui réclament une éducation plus patriotique. Carrie Lam accuse les enseignants de privilégier des partis pris politiques lors de ces cours, estimant qu’ils doivent être mieux surveillés par le gouvernement.

Hong Kong a connu de juin à décembre 2019 d’importantes manifestations, accompagnées d’affrontements entre radicaux et policiers, pour dénoncer l’influence de la Chine. Plus de 8.000 personnes ont été arrêtées dont environ 17% étaient des élèves du secondaire.

Le calme est revenu après des arrestations massives et la pandémie de coronavirus. Bien que les autorités de la métropole financière ont pour l’instant réussi à juguler la contagion de Covid-19, des mouvements de contestation limités ont refait leur apparition ces deux dernières semaines.

Le 10 mai, la police a pourchassé des manifestants pro-démocratie dans plusieurs centres commerciaux de la ville et procédé à 230 arrestations. Les personnes interpellées étaient âgées de 12 à 65 ans.

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« La police condamne les manifestants qui ont ignoré les mesures gouvernementales destinées à prévenir la propagation du coronavirus et participé ou organisé des rassemblements interdits », a déclaré la police dans un communiqué le 11 mai.