L’organisation non gouvernementale, International Crisis Group, a publié le 30 juin, 13 recommandations destinées à résoudre les différents entre la Chine et le Japon. Pour ICG, il est nécessaire de développer un système de gestion de crise, qui s’apparente à un mécanisme de communication aérien et maritime, afin d’éviter tout conflit ouvert.

« Comme les relations sino-japonaises oscillent entre l’hostilité et la détente, un protocole crédible de gestion de crise est nécessaire de toute urgence pour gérer l’accroissement des tentions, et les contacts imprévus entre leurs avions et navires militaires« , a estimé ICG, dans son rapport.

L’ONG, dont la mission est de prévenir et résoudre les conflits, à travers une analyse de terrain et des recommandations indépendantes, a indiqué que la Chine et le Japon sont « incapables de se mettre d’accord » sur un mécanisme de communication maritime et aérien, qui pourrait sur le moyen terme mettre fin aux querelles.

Manifestation anti-Japon en septembre 2012

Manifestation anti-Japon en septembre 2012

Raison pour laquelle, ICG estimé qu’il est nécessaire de développer un système de gestion de crise. D’autant plus que « le nationalisme, la méfiance de plus en plus institutionnalisée des deux côtés et les possibilités limitées de renforcer la confiance via des échanges militaires » ne permettent pas de prévenir toute escalade des hostilités, l’imprévisibilité des actions et réactions rendent la région tendue.

Dans un tel contexte, la Chine devrait, d’un côté, dissocier ses relations avec le Japon et sa souveraineté des questions politiques, car un affrontement imprévu avec le Japon ne permettra au pays d’atteindre la stabilité tant voulue dans la région, , ni la sauvegarde de ses droits et intérêts. De l’autre, le Japon devrait « continuer à engager et à éviter les remarques inflammatoires qui augmentent les risques politiques ».

Pour l’ICG, le mécanisme de communication maritime et aérien « pourrait être une mesure de renforcement de la confiance à court terme », car « la méfiance fondamentale rend peu probable une véritable réconciliation dans un avenir proche, mais il y a un intérêt commun à prévenir ou limiter une crise accidentelle qui pourrait nuire à la politique, à la sécurité et aux intérêts économiques des deux pays », selon le rapport de l’organisation.

RECOMMANDATIONS

Afin de permettre un accord sur le mécanisme de communication maritime et aérien, l’ICG recommande aux gouvernements chinois et japonais :

  1. Instaurer une ligne de front personnelle, en l’absence de mécanisme, pour adhérer aux protocoles du Code for Unplanned Encounters at Sea (CUES), dont les deux pays ont signé l’accord.
  2. Discuter des préoccupations au sujet du risque de collision par les bateaux de pêche et/ou les navires des garde-côtes dans les eaux autour des îles disputées de Diaoyu/Senkaku, lors des consultations de haut niveau sur les affaires maritimes, et un forum de plusieurs administrations, y compris les garde-côtes.
  3. Relever le niveau des échanges de défense vice-ministériel et des échanges résumés entre les universités de la défense et les organismes de recherche.
  4. La Chine devrait dissocier la souveraineté Diaoyu/Senkaku des mécanismes de négociation.
  5. Le Japon devrait s’abstenir de commentaires ou d’actions suggérant des vues révisionnistes de l’Histoire et un départ de la Déclaration Murayama, s’excuser officiellement pour l’agression militaire de 1995, et se démarquer immédiatement des déclarations provocatrices faites par certains officiels et politiciens.
  6. Le Japon devrait maintenir un dialogue ouvert avec Pékin sur le renforcement de ses moyens de défense dans Sud-ouest et s’abstenir de toute négativité vis-à-vis des activités militaires légitimes de la Chine, ainsi que la légitimité des survols de la zone et des transits navales.
senkaku-diaoyu

Différent entre la Chine et le Japon concernant les îles Senkaku/Diaoyu

L’International Crisis Group propose 7 autres recommandations pour rendre les points précédents effectifs :

  1. Gardez la hotline ouverte en tout temps et assurer que les personnes responsables ou les unités en charge ont l’autorité pour atteindre rapidement les décideurs en cas d’urgence. Prendre des décisions pour contenir et désamorcer la crise ; et utiliser la hotline en cas d’incident avant de recourir à la critique publique.
  2. Donner aux opérateurs de première ligne une formation adéquate et retenir ceux qui violent les règles responsables.
  3. Augmenter le contact direct entre les troupes de première ligne et le personnel par :

– organiser un second tour des visites navales mutuelles :

– participer de manière intensive aux forums multilatéraux de formation sur la base de CUES, comme le Western Pacific Naval Symposium entre autres.

  1. S’accorder à remédier aux premières violations bilatérale, y compris dans la présidence des réunions de défense, de manière à maximiser l’espace pour la résolution, plutôt que de se disputer dans les médias.
  2. Envisager d’incorporer des lignes directrices pour un autre comportement que les communications au sein du mécanisme, peut-être basé sur celles inclues dans les mémorandums de défense entre les Etats-Unis et la Chine de 2014, ou le CUES.

Enfin, pour que les gouvernements tiers et les institutions non gouvernementales, telles que les organisation, les groupes privés et les think-tank avec des échanges des deux côtés :

  1. Créer des forums d’accueil réunissant les deux parties pour des discussions sur la gestion des crises et leurs atténuations, y compris par :

– l’organisation d’ateliers de travail pour examiner le CUES et d’autres accords navals et aériens internationaux contenant des lignes directrices sur les règles de comportement ;

– faciliter le partage des meilleures pratiques pour éviter les incidents en mer, que ce soit dans des forums, des colloques ou des projets de recherche conjoints ;

– encourager la participation des deux gardes-côtes et des militaires, en particulier les commandements en charge des opérations de première ligne.

  1. Organiser des exercices navals multilatéraux sur la mise en œuvre des CUES impliquant à la fois L’Armée populaire de libération de Chine et les Forces d’autodéfense du Japon.