La Chine a vivement condamné la visite à Taïwan de parlementaires américains, arrivés à bord d’un avion militaire dans l’île revendiquée par Pékin.

Alors que les tensions entre les deux rives du détroit de Taïwan sont au plus haut depuis plusieurs années, le ministère taïwanais des Affaires étrangères a confirmé la visite de parlementaires organisée par l’Institut américain à Taïwan, qui fait office d’ambassade de Washington.

Cette visite coïncide avec le Forum stratégique sur le renforcement de la coopération et des échanges entre les secteurs de la cybersécurité à Taiwan et aux États-Unis qui s’est tenu le 9 novembre 2021 dans la ville de Taipei.

UN FORUM STRATÉGIQUE ORGANISE ENTRE TAIWAN ET L’USA

L’événement, organisé par le Département de la coopération internationale du ministère des Affaires économiques (MOEA) et l’American Institute à Taiwan (AIT), a réuni plus de 700 experts des Etats-Unis et de Taiwan issus de divers secteurs, notamment l’aviation, les infrastructures critiques, l’informatique industrielle ainsi que les technologies de l’information et de la communication.

Les deux parties ont évoque des sujets, telles que les stratégies de gestion de la cybersécurité et l’établissement d’un mécanisme de défense conjoint.

Le vice-ministre du MOEA, Lin Chuan-neng, a déclaré que « le renforcement de la collaboration entre Taiwan et les États-Unis en matière de cybersécurité joue un rôle important dans le développement technologique et la transformation numérique » de Taiwan.

Selon Lin Chuan-neng, « la cybersécurité est un élément clé des six industries stratégiques essentielles dévoilées par la présidente de la République Tsai Ing-wen lors de son discours d’investiture en 2020 ».

Taipei a dit continuer « à ne ménager aucun effort pour favoriser le développement d’un écosystème de cybersécurité conforme aux normes et aux directives définies par le National Institute of Standards and Technology, basé aux États-Unis ».

De son côté, le directeur adjoint de l’AIT, Jeremy Cornforth, a déclaré que « Taiwan était un partenaire essentiel des États-Unis dans le renforcement de la cyberdéfense ». « Les États-Unis continueront à travailler avec le pays par le biais de diverses initiatives visant à aider les secteurs public et privé à répondre aux cyberattaques », a-t-il ajouté.

LA CHINE DÉNONCE UN « RISQUE ET PROVOCATEUR »

« Pactiser avec les forces indépendantistes taïwanaises est un jeu dangereux. Ceux qui jouent avec le feu finiront par s’y brûler », a averti lors d’un point presse le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin.

De son côté, Washington a fourni peu de détails sur la visite. Toutefois, le porte-parole du Pentagone, John Kirby, a confirmé la visite des parlementaires, tout en précisant que leur déplacement assuré par l’armée de l’air était normal pour ce type de voyage.

Les américains justifient cette présence à Taiwan par les activités militaires accrues de la Chine ces derniers mois. Cette dernière multiplie les incursions dans la zone d’identification de défense aérienne taïwanaise.

De son côté, l’Armée populaire de Libération a annoncé avoir effectué dans le détroit une « patrouille de préparation au combat ». La Chine accuse notamment la dirigeante de Taiwan, Tsai Ing-wen, de rechercher une indépendance formelle de l’île dont l’appellation officielle reste « République de Chine ».

PAS D’INDÉPENDANCE DE TAIWAN

Une porte-parole de Chine continentale a déclaré que les tensions à travers le détroit de Taiwan ne s’apaiseront que lorsque les actes de provocation préconisant « l’indépendance de Taiwan » cesseront.

Zhu Fenglian, porte-parole du Bureau des affaires de Taiwan du Conseil des Affaires d’Etat, a déclaré que « l’apologie de la soi-disant théorie des « deux Etats » par l’autorité du Parti démocrate progressiste de Taiwan et les éléments préconisant « l’indépendance de Taiwan », ainsi que leur collusion avec des forces extérieures pour inciter des provocations, comme les « causes profondes » des tensions entre deux rives du détroit de Taiwan ».

Cette dernière a déclaré que les exercices et les entraînements menés par l’Armée populaire de Libération (APL) étaient destinés à cibler les activités séparatistes recherchant « l’indépendance de Taiwan » et l’ingérence des forces extérieures.

« En substance, ces exercices et ces entraînements visent à sauvegarder les intérêts généraux de la nation chinoise et les intérêts immédiats des compatriotes des deux rives du détroit de Taiwan », a indiqué la porte-parole.