Des dizaines d’États ont dénoncé le 31 octobre lors d’une commission de l’Assemblée générale de l’ONU des violations «graves et systématiques» des droits de l’Homme au Xinjiang. A contrario, une déclaration signée par 66 pays soutiennent la Chine et sa politique.

50 pays ont appelé la Chine à libérer «tous les individus arbitrairement privés de leur liberté» dans cette région autonome. «Nous sommes profondément inquiets de la situation des droits de l’Homme en République populaire de Chine, en particulier les violations des droits des Ouïghours et d’autres minorités principalement musulmanes au Xinjiang», ont déclaré ces pays dans un texte lu par le Canada.

Le Haut commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU a publié fin août un rapport qui évoque la possibilité de crime contre l’humanité commis contre les minorités du Xinjiang et particulièrement les Ouïghours. Le rapport évoque des «preuves crédibles» de tortures et des violences sexuelles. La Chine rejette ces accusations, affirmant combattre le terrorisme et assurer le développement de la région.

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«De telles violations graves et systématiques des droits humains ne peuvent pas être justifiées sur la base du contre-terrorisme», ont estimé les 50 États, dont les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, la France, l’Australie, Israël, la Turquie, le Guatemala ou encore la Somalie.

Ils ont appelé la Chine à «mettre en œuvre les recommandations» du Haut commissariat, ce qui inclut «de prendre des mesures rapides pour libérer tous les individus arbitrairement privés de leur liberté au Xinjiang et clarifier urgemment le sort» de personnes disparues.

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La Haute-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU a condamné le 29 octobre en Chine les mesures «arbitraires» visant les musulmans du Xinjiang, des propos cependant jugés trop cléments par les militants et organisations de défense des Ouïghours.

Face à la «gravité» du rapport, «nous sommes inquiets du fait que la Chine ait jusqu’à présent refusé de discuter de ses conclusions», ont ajouté certaines ONG.

Une déclaration commune soutenant la Chine

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a condamné, le 1er novembre, cette déclaration, indiquant que le même jour, Cuba a prononcé une déclaration conjointe au nom de 66 pays.

Ces 66 États ont souligné que les questions liées au Xinjiang, à Hong Kong et au Tibet relèvent des affaires intérieures de la Chine. Ils se sont prononcés contre la politisation des questions relatives aux droits de l’homme, l’application de deux poids deux mesures et l’ingérence dans les affaires intérieures de la Chine au nom des droits de l’homme.

La déclaration commune appelle toutes les parties à respecter les buts et principes de la Charte des Nations Unies, à respecter le droit des peuples de chaque État à choisir indépendamment la voie du développement conformément à leurs conditions nationales.

Le texte souligne également que la communauté internationale devrait renforcer la solidarité et la coordination et promouvoir et protéger les droits de l’homme, a indiqué Zhao Lijian.

Plus de 30 autres pays ont exprimé leur soutien à la Chine via des déclarations séparées ou des lettres conjointes, a expliqué ce dernier. « Une fois de plus, près de 100 pays se sont prononcés pour la justice et ont exprimé leur soutien et leur compréhension de la position justifiée de la Chine à l’ONU, comme cela s’était produit lors de la 51e session du Conseil des droits de l’homme ».

« La tentative de quelques pays occidentaux d’utiliser des problèmes comme le Xinjiang pour salir, réprimer et contenir la Chine ne réussira pas », a souligné le porte-parole de la diplomatie chinoise.

La 3ème Commission est une plate-forme de dialogue et de coopération, et « non un terrain de lutte pour la division et la confrontation. Le monde a longtemps été lucide et fatigué des spectacles farfelus de la politisation des droits de l’homme et des doubles standards par quelques pays occidentaux ».

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a exhorté « ces pays à cesser leurs conférences condescendantes et à cesser d’utiliser les droits de l’homme comme prétexte à la manipulation politique, à la calomnie et à la rumeur, à l’endiguement et à la répression. Ce qu’ils doivent faire, c’est réfléchir profondément à leurs propres problèmes en matière de droits humains, tirer les leçons des catastrophes en matière de droits humains qu’ils ont provoquées dans d’autres pays et revenir sur la bonne voie de la coopération et du dialogue ».