Le Niger et la Chine vont construire un oléoduc de 2.000 km, afin d’exporter du pétrole brut à partir des champs d’Agadem dans le sud-est nigérien jusqu’au port de Sèmè au Bénin.

Le coup d’envoi des travaux de l’oléoduc a été donné le 17 septembre par le président Mahamadou Issoufou à Koulélé dans l’Agadem, la zone pétrolière située dans la région de Diffa, où la China national Petroleum corporation (CNPC) extrait du pétrole depuis 2011.

Les travaux vont durer 42 mois et coûteront 4,5 milliards de dollars. Niamey a jusqu’ici privilégié l’évacuation de son brut par un port camerounais via le Tchad voisin. Mais cette zone fait face à des incursions meurtrières des jihadistes de Boko Haram, basés au Nigeria voisin.

«Finalement, c’est l’option béninoise qui a été retenue pour diverses raisons», a expliqué Foumakoye Gado, le ministre nigérien du Pétrole. Ce dernier a signé avec Wang Zhong Cai, président de la China national oil and gas exploration and development coorporation (CNODC, filiale de la CNPN), la convention pour la réalisation de l’oléoduc.

Le pétrole est jusqu’ici acheminé par oléoduc (462 km) d’Agadem à Zinder (centre-sud nigérien), où il est raffiné à raison de 20.000 barils par jour.

Les autorités voulaient augmenter sa production, le Niger a donc signé en 2018 un accord avec la CNPC, lui permettant d’atteindre une production globale de 110.000 barils par jour dès 2021.

«Des investissements de l’ordre de 6,8 milliards de dollars» sont prévus jusqu’en 2031 pour développer les activités pétrolières et l’exploitation des 844,8 millions de barils de réserves dont regorge le bloc d’Agadem, selon le document de la présidence.

«Vers 2025-2030, notre capacité devrait passer à 500.000 barils par jour», a récemment affirmé Mahamadou Issoufou.