Suite à la réunion des ministres de l’ASEAN, ces derniers se sont dits préoccupés par « l’évolution récente et actuelle, qui a érodé la confiance, renforcé les tensions et qui est susceptible de compromettre la paix, la sécurité et la stabilité en mer de Chine méridionale« , sans pour autant incriminé directement la Chine.

Un message plutôt inhabituel de la part des ministres des Affaires étrangères de l’Association des nations d’Asie du sud-est (Thaïlande, Malaisie, Singapour, Indonésie, Philippines, Brunei, Vietnam, Laos, Birmanie et Cambodge), qui tempèrent généralement leur déclaration commune pour ne pas froisser leur allié économique chinois.

Pourtant depuis plusieurs mois, la tension monte. A la fois entre la Chine et les pays revendiquant des territoires en mer de Chine méridionale, et entre les deux premières puissances économiques mondiales : Beijing et Washington. La région est devenue un terrain d’affrontement verbal, suscitant de plus en plus d’inquiétudes.

D’ailleurs dans leur communiqué commun, les ministres de l’ASEAN ont exprimé « leurs préoccupations devant les récentes évaluations complexes dans cette zone maritime, notamment les constructions à grande échelle sur des récifs, la militarisation d’îles artificielles et les actions anthropiques d’affirmation d’une souveraineté non fondée en droit international« , note Le Courrier du Vietnam.

Cependant, 4 heures plus tard, la Malaisie annonce le retrait du communiqué commun, sans donner de raison particulière. Les autorités Malaisiennes ont indiqué que « nous devons retirer le communiqué des ministres des Affaires étrangères de l’Asean (…) car il y a des modifications urgentes à y apporter ».

Toutefois les ministres des affaires étrangères de l’ASEAN semblent tout de même engagé « à maintenir et promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité dans la région, tout comme à la résolution pacifique des différends, dont un plein respect pour les procédures juridiques et diplomatiques, sans recours aux menaces ou utilisation de la force ».

D’ailleurs, ce communiqué diffusé suite à la réunion spéciales des ministres de l’ASEAN et de la Chine, à Kunming, a été publié dans les médias avant la prochaine décision juridique de la Cour permanente d’arbitrage de la Haye saisie par les Philippines face à la Chine. Une décision rejetée d’emblée par Beijing, qui assure que sa position est conforme au droit international et aux textes en vigueurs.