L’ancien président de Taïwan, Ma Ying-jeou a appelé ce mercredi le nouveau gouvernement à respecter les liens avec Beijing,  se basant sur « Un pays, deux systèmes », acté dans le Consensus de 1992.

Après huit années de pouvoir, Ma Ying-jeou est considéré comme le principal artisan du rapprochement sans précédent avec la Chine continentale. Cependant, depuis l’élection de Tsai Ing-wen, les relations entre les deux rives du détroit se sont rapidement détériorées. D’un côté, le nouveau gouvernement tente de s’émanciper via – par exemple – son adhésion à l’Organisation Mondiale de la Santé, tandis que de l’autre, les pressions et menaces d’usage de la force se font plus pressantes de la part des autorités chinoises compétentes.

L'entente cordiale mise à rude épreuve. Les présidents Ma Ying Jeou et Xi Jinping

L’entente cordiale mise à rude épreuve. Les présidents Ma Ying Jeou et Xi Jinping

Récemment, An Fengshan, porte-parole du Bureau des Affaires de Taiwan du Conseil des Affaires d’Etat, a averti que « l’indépendance de Taïwan sous toutes ses formes était une provocation flagrante et pouvait saboter la paix et la stabilité entre les deux rives du détroit de Taïwan ».

« Jusqu’à présent, la nouvelle dirigeante de l’île a adopté une attitude ambiguë par rapport à la nature des relations entre les deux rives du détroit de Taïwan. Pour assurer un développement pacifique des relations, la confirmation du principe d’une seule Chine est nécessaire« , a réitéré An Fangshan.

D’ailleurs, dans une vidéo accessible sur le site The Hong Kong Press, Ma Ying-jeou a espéré « sincèrement que la nouvelle administration aura la sagesse nécessaire et le courage de maintenir le statu quo pacifique et prospère ».

Invité à se rendre à une conférence sur les relations entre Taipei et Beijing, l’ancien président s’est vu interdire son déplacement pour des raisons de sécurité. Une position critiquée par Ma Ying-jeou qui a ironisé  : « je ne savais pas que Hong Kong est un endroit dangereux ». 

Le sujet des relations entre Taïwan et la Chine continentale est ultra sensible, tant à Beijing, Taipei qu’Hong Kong. D’autant que dès son intronisation, le 20 mai, Tsai Ing-wen a clairement annoncé sa décision de prendre des distances avec le pouvoir central. Issue du Parti démocrate progressiste, qui prône l’indépendance de Taïwan, la présidente a estimé déplacé la prise de parole de Ma Ying-jeou sur le sujet, au moment où, à Hong Kong, de nombreux partis indépendantistes se sont formés et les prises de positions se multiplient pour l’indépendance.