dimanche, février 25

Crise entre la Chine et la République Tchèque, Paris soutient Prague

Le ministère tchèque des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur de Chine à Prague suite à des déclarations jugées menaçantes de la Chine contre un responsable politique tchèque en visite à Taïwan.

Ministre des affaires étrangères, Wang Yi

Un délégation conduite par le président du Sénat tchèque, Milos Vystrcil, est arrivée à Taipei le 31 août, provoquant la colère de la Chine qui considère Taïwan comme partie intégrante de son territoire.

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yin a qualifié la visite de «provocation» et déclaré que Milos Vystrcil devrait «payer au prix fort son comportement à courte-vue et ses spéculations politiques».

«J’attends de la partie chinoise qu’elle explique ces paroles», a déclaré le chef de la diplomatie tchèque, Tomas Petricek, lors d’un point presse à Prague. «Ce voyage a bien sûr un impact sur nos relations avec la Chine, mais je pense que ces propos vont trop loin», a-t-il ajouté.

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La Chine considère Taïwan comme une de ses provinces et condamne tout contact officiel entre l’île de 23 millions d’habitants et des officiels étrangers. Prague accepte cette politique dite de «Une seule Chine», et n’envoie pas de délégation gouvernementale officielle à Taïwan.

Milos Vystrcil poursuit l’action engagée par son prédécesseur

Mais Milos Vystrcil n’est pas tenu par cette politique, car il fait partie de l’opposition. Sa délégation de 90 personnes, qui comprend des hommes politiques, des entrepreneurs, des scientifiques et des journalistes, doit séjourner à Taïwan jusqu’au 4 septembre.

D’ailleurs lors d’un discours devant le Parlement taïwanais, Milos Vystrcil a déclaré en mandarin « Je suis taïwanais », qualifiée d’«acte odieux» par la Chine. Il a aussi rencontré la dirigeante de Taïwan, Tsai Ing-wen.

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Il a affirmé que ce voyage visait à honorer la mémoire de l’ancien président Vaclav Havel, militant des droits de l’Homme et figure de proue de la «révolution de velours» qui a renversé le communisme dans la Tchécoslovaquie.

Milos Vystrcil poursuit l’action engagée par son prédécesseur Jaroslav Kubera, décédé en janvier dernier alors qu’il préparait une visite à Taïwan. Après sa mort, les médias tchèques ont publié une lettre de l’ambassade de Chine à Prague le menaçant ainsi que les entreprises qui participeraient au voyage.

La France soutient la République Tchèque

La France a exprimé le 1er septembre sa solidarité avec la République tchèque après des menaces, qu’elle a jugées inacceptables, de la Chine à l’encontre d’un responsable politique tchèque en visite à Taïwan.

«Les relations euro-chinoises doivent reposer sur le dialogue, le principe de réciprocité et le respect mutuel, conditions essentielles de l’approfondissement de notre partenariat», a déclaré la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

«À cet égard, aucune menace visant un État membre de l’Union européenne n’est acceptable et nous exprimons notre solidarité à la République tchèque», a ajouté Agnès von der Mühll.

Cette visite tchèque de cinq jours intervient quelques semaines après celle du secrétaire américain à la Santé, Alex Azar, le plus éminent représentant du gouvernement américain à s’être rendu sur l’île depuis que Washington a choisi en 1979 de reconnaître Pékin plutôt que Taïwan.

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