Le confinement sanitaire de six millions de personnes a débuté le 25 novembre dans une ville de Chine où se trouve la plus grande usine d’iPhone au monde, après de violents affrontements entre salariés et police sur les salaires.

Les autorités ont ordonné aux résidents des huit districts de Zhengzhou, capitale de la province du Henan, dans le centre de la Chine, de ne pas quitter la zone pour les cinq prochains jours.

Ensemble des articles concernant Foxconn

Des barricades ont été installées autour des immeubles résidentiels considérés comme à haut risque et des points de contrôle des déplacements ont été établis dans les rues.

Le confinement survient après de violentes manifestations de centaines d’employés, sur le site de l’usine Foxconn située en banlieue de la ville, qui emploie plus de 200.000 personnes et est surnommée « iPhone city« .

De nouvelles images de manifestations ont été partagées le 25 novembre sur les réseaux sociaux et leur géolocalisation a été vérifiée par l’Agence France Presse. Les images montrent une foule en train de défiler dans une rue dans l’est de la ville, avec certaines personnes portant des pancartes.

De nombreux employés mécontents ont quitté l’usine, le 24 novembre, confinée depuis octobre en raison d’un foyer de cas de Covid, en échange de primes de 10.000 yuans (1.340 euros).

Et de nouveaux employés ont été embauché par Foxconn pour pouvoir maintenir la production d’iPhone, ont été placés à l’isolement avant même de pouvoir entrer sur le site, ont indiqué à l’AFP de nombreux salariés.

D’autres vidéos mises en ligne le 25 novembre et géolocalisées par l’Agence France Presse montrent des ouvriers en colère en train de renverser des meubles et d’injurier des policiers dans le hall d’un hôtel à Nanyang. Ils protestent après avoir été placés en quarantaine dans l’établissement.

Les manifestations de colère à Zhengzhou sont survenues dans un contexte de frustration populaire croissante face à la stricte politique zéro Covid de la Chine. Celle-ci impose des confinements à répétition, limite les déplacements et impose à la population des tests quasi-quotidiens.

Le 25 novembre, le nombre de cas en Chine a atteint 33.000, un record depuis le début de la pandémie même si le chiffre reste très modeste dans ce pays d’1,4 milliard d’habitants et que l’immense majorité des cas sont asymptomatiques.

Dans la ville industrielle de Canton, dans le sud-est du pays, des millions de personnes ont reçu l’ordre de ne pas quitter leurs domiciles sans un test négatif. Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux et consultés par l’AFP ont montré des habitants du district de Haizhu, en train de démonter des barrières et de lancer des objets contre des policiers vêtus de combinaisons intégrales de protection blanches.