De nombreux Chinois se sont réunit dans diverses régions de la Chine pour contester la politique de « zéro-Covid », selon des vidéos postées sur les réseaux sociaux.

Ces mobilisations font suite à l’incendie d’un immeuble résidentiel dans la province du Xinjiang (nord-ouest) qui a tué une dizaine de personnes. Ces décès ont été imputés par certains aux mesures de confinement imposées aux immeubles résidentiels, ce que les autorités chinoises ont démenti.

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Des manifestations ont été filmées à Urumqi, capitale de cette province où l’incendie a eu lieu, mais aussi dans la ville du sud-ouest Chongqing, à Pékin et à Shanghai, rapportent divers médias dont la BBC et les agences de presse Kyodo et Reuters.

Selon des témoins et des vidéos partagées sur les réseaux sociaux, les manifestants scandaient à Shanghai des slogans appelant à la démission du président chinois, récemment réélu pour un troisième mandat, Xi Jinping, et de son parti, a constaté un journaliste de la BBC. La présence policière y a avait été renforcée.

À Shanghai, des centaines de personnes se sont réunis le 27 novembre dans la soirée pour un rassemblement organisé pour la deuxième journée consécutive, les participants expriment leur colère contre les autorités. Ils ont scandé des slogans tels que « A bas Xi Jinping » et « A bas l’empereur » en référence au dirigeant.

De nombreux policiers déployés sur les lieux ont encerclé les manifestants et plusieurs d’entre eux ont été interpellés. En Chine, les grands mouvements de protestation sont rares car critiquer le gouvernement est illégal.

De nombreux rassemblements à travers la Chine ont été déclenchés par un incendie meurtrier jeudi à Urumqi, la capitale de la région de l’extrême ouest du Xinjiang, et des manifestations ultérieures dans la ville, avec des spéculations croissantes selon lesquelles les efforts d’évacuation et de sauvetage pourraient avoir été entravés par des mesures de verrouillage.

Les étudiants de l’université Tsinghua, université d’élite à Pékin, ont organisé le 27 novembre une manifestation pour appeler à la liberté. Une veillée aux chandelles a également eu lieu le 26 novembre dans une université de Nanjing pour commémorer les 10 victimes de l’incendie d’un immeuble d’habitation à Urumqi.

Des rassemblements de protestation ont également été organisés dans la ville centrale de Wuhan, où l’épidémie de COVID-19 a été détectée pour la première fois fin 2019, le centre technologique du sud de Shenzhen, Lanzhou dans le nord-ouest et Jilin dans le nord-est, ont montré les vidéos.

À Shanghai, plus de 100 personnes sont venues dans une rue locale portant le nom d’Urumqi dans la soirée du 26 novembre. Selon l’agence Kyodo, des bougies et des fleurs étaient déposés sur le sol pour rendre hommage aux victimes de l’incendie.

Les gens ont dénoncé les mesures anti Covid-19 et rejeté la politique du gouvernement. La police est intervenue et a arrêté certains des manifestants, selon les témoins et les vidéos.

Face à la colère croissante du public, le gouvernement chinois a récemment annoncé qu’il s’abstiendrait de mettre en œuvre des fermetures à l’échelle de la ville et isolerait plutôt les bâtiments où des cas de COVID sont signalés.

La direction de Xi Jinping, qui a entamé son troisième mandat de cinq ans en tant que chef du Parti communiste chinois et Président de la République le mois dernier, serait alarmée par la propagation des protestations contre la politique zéro-COVID et les critiques croissantes du gouvernement.

Selon l’agence japonaise, Kyodo, les autorités de la région autonome du Xinjiang ont décidé de réprimer les actes de violence visant à entraver la mise en œuvre des mesures zéro Covid. Un journaliste chinois, cité par l’agence de presse Belga, a déclaré que les autorités pourraient affirmer que des « forces étrangères » sont derrière les manifestations et contrôlent strictement les rassemblements.

Pour apaiser les esprits, la municipalité d’Urumqi, capitale de la région autonome ouïgoure du Xinjiang, a annoncé le rétablissement progressivement les transports publics et les activités commerciales essentielles à partir du 28 novembre.

« Tout en maintenant les mesures de contrôle de la COVID-19, la ville rétablira les transports publics, y compris les services ferroviaires, aériens, d’autobus et de taxi, de manière progressive et ordonnée à partir de lundi », selon un point de presse organisé le 27 novembre par le gouvernement local.

Sui Rong, chef du département municipal de l’information, a indiqué que « la ville reprendrait également les activités commerciales essentielles dans les zones à faible risque d’épidémie, comme les supermarchés, les pharmacies, les restaurants, les stations-service, les banques et les postes ».

« Bien que la transmission communautaire dans la ville ait été pratiquement endiguée, la ville compte toujours un certain nombre de zones à risque élevé et les habitants locaux doivent rester vigilants face au virus », a indiqué cette dernière.