mardi, mai 21

Des étudiants arrêtés pour «apologie du terrorisme» à Hong Kong

Le surintendant principal du département de la sécurité nationale, Li Kwai-wah (Steve Li), a annoncé l’arrestation de quatre étudiants pour «apologie du terrorisme», lors d’un point presse à l’extérieur du poste de police de Wanchai, à Hong Kong, le 18 août 2021.

Image d’illustration

Steve Li, de la nouvelle unité de police en charge de la mise en œuvre de la loi sur la sécurité nationale a expliqué que le communiqué publié en juillet par un syndicat étudiant après qu’un policier a été poignardé par un homme agissant seul est à l’origine de ces arrestations.

«Quatre hommes âgés de 18 à 20 ans ont été arrêtés aujourd’hui, ils sont membres du syndicat étudiant et du conseil syndical étudiant», a-t-il affirmé aux journalistes.

Le 1er juillet, un quinquagénaire a attaqué un policier au couteau avant de retourner l’arme contre lui et de se suicider. Les autorités avaient alors estimé que cet acte relevait du «terrorisme intérieur».

Peu après l’agression, le syndicat étudiant de l’Université de Hongkong (HKU) avait publié un communiqué dans lequel il faisait part de sa «profonde tristesse» après la mort de l’agresseur et de sa gratitude pour son «sacrifice».

Ce communiqué a suscité une vive controverse à Hong Kong. Le syndicat s’est depuis rétracté et a présenté ses excuses pour les termes employés. «Il a sublimé, rationalisé et glorifié le terrorisme et une attaque ainsi qu’encouragé les actes suicidaires», a estimé Steve Li.

En juillet, la police a perquisitionné les bureaux du syndicat étudiant, la chaîne de télévision de l’université ainsi qu’un bureau des étudiants. La direction de HKU a également interdit l’accès au campus à tous les membres du conseil du syndicat.

L’apologie du terrorisme est passible de dix ans d’emprisonnement et relève de la loi sur la sécurité nationale de Hong Kong, imposée l’an dernier par la Chine en réponse à l’immense mouvement pro-démocratie de 2019.

La nouvelle loi sur la sécurité nationale, instaurée en juillet 2020, vise à sanctionner la subversion, la sécession, le terrorisme et la collusion avec les forces étrangères. Les inculpations pour terrorisme étaient jusqu’à présent plus rares. Mais en 2020, plus de trente syndicats et partis politiques ont été dissous à la suite d’enquêtes menées par les autorités.

Lire aussi : Un important mouvement pro-démocratie de Hong Kong dissolu

Le 18 août, le fond «612 Humanitarian Relief Fund» est la dernières structure en date parmi les organisations soutenant les manifestants pro-démocratie à annoncer sa dissolution. Ce fonds apportait une aide financière et juridique aux manifestants arrêtés ou blessés.

Près 947 affaires traitées par le fonds ont été conclues, tandis que 1.274 autres sont en cours. Le fonds a prêté 18 millions de HK dollars de caution à environ 1.500 accusés. Il a également prêté 24 millions de HK$ à 264 accusés pour les aider à payer leurs frais de justice. Les médias pro-Pékin l’ont qualifié de «plate-forme de collecte de fonds pour les casseurs» et ont appelé à sa disparition.

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