Les difficultés du secteur immobilier en Chine, notamment avec l’affaire d’Evergrande, pourraient peser sur l’économie mondiale, et impacter les États-Unis, selon La Livre Eco et l’Agence France Presse.

L’économie chinoise fait face à des défis majeurs, tels que les pénuries d’électricité et la crise dans l’immobilier, qui suscitent des doutes chez certains experts, qui craignent que l’économie chinoise, locomotive de l’économie mondiale depuis plus de 20 ans, ralentisse davantage.

Dans son rapport sur la stabilité financière, la Banque centrale américaine a totalement modifié son analyse, par rapport à septembre 2021. En effet, le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, assurait que la première économie du monde n’était « pas vraiment directement exposée » aux difficultés de la société chinoise, Evergrande.

Cette dernière a une dette estimée à 260 milliards d’euros. Evergrande est l’un des plus gros promoteurs de Chine, sa situation financière est scrutée par les experts et analystes, qui craignent une faillite pouvant ébranler la croissance de la Chine.

Le secteur immobilier représente 25 à 30% du PIB de la Chine, selon les estimations. Au troisième trimestre, le Produit intérieur brut a augmenté de 4,9% sur un an contre 7,9% au deuxième trimestre, en raison de la crise Evergrande.

« Jusqu’à présent, la débâcle d’Evergrande a été contenue », a souligné Padhraic Garvey, directeur de recherches chez ING financial markets, à l’Agence France Presse. Ce dernier reconnaît toutefois qu’il y a aussi « des risques inconnus », car la Fed ne peut pas ignorer que « la Chine est un élément important compte tenu de sa taille et de la taille de son secteur financier ».

En octobre 2021, le Fonds monétaire international (FMI) avait révisé à la baisse ses prévisions d’expansion pour la Chine, l’estimant à 8% (-0,1 %). L’économiste en chef du FMI, Gita Gopinath, avait souligné que l’institution prête « une très grande attention » aux développements de la crise Evergrande.

« Nous pensons que le gouvernement (chinois) a les ressources et la capacité de circonscrire le problème, ce qui signifie que même si nous assistons à un bouleversement dans le secteur immobilier, il sera contenu et ne débordera pas plus largement à l’économie chinoise », avait-elle estimé sur la chaîne CBS news.

Le FMI table sur une hausse du PIB mondial de 5,9% en 2021, contre 6 % en juillet 2021. Au-delà de la crise immobilière, le ralentissement de la Chine est anticipé par des économistes. La Chine, soucieuse de réduire l’endettement, freine les investissements des collectivités locales et durcit les conditions d’octroi de crédits par les banques.

Selon les projections du Conference Board, la Chine connaîtra ainsi une croissance moyenne d’environ 3,5% pour la prochaine décennie 2022-2031, soit environ la moitié du taux de croissance des années 2010.

Le groupe de recherches américain, Conference Board, estime que l’économie chinoise s’installera sur une trajectoire de « douce et longue » décélération de la croissance au cours de la prochaine décennie.

Reste que « le ralentissement économique de la Chine représente une sorte d’extinction des moteurs pour l’économie mondiale », a indiqué Gregory Daco, économiste chez Oxford economics.

Toutefois, la « dynamique reste pour le moment toujours favorable ». D’autant plus que le ralentissement en Chine est compensé par une croissance « relativement robuste aux Etats-Unis » et en Europe.

« On assiste à une espèce d’effet de balancier qui a permis d’éviter un ralentissement prononcé, au troisième trimestre, de l’économie mondiale » et cet effet va sans doute se poursuivre jusqu’à la fin de l’année, a expliqué Gregory Daco.

Selon lui, sur le long terme, le ralentissement inéluctable de la croissance chinoise va permettre à des pays qui sont pour l’heure très dépendants de la Chine comme l’Inde, l’Indonésie, le Vietnam ou la Thaïlande de peser plus lourd dans l’économie mondiale.