Les éditeurs du New York Times, du Wall Street Journal et du Washington Post ont publié une déclaration, mise en ligne le 24 mars, critiquant la révocation par la Chine des pouvoirs des Américains.

« Nous exhortons vivement le gouvernement chinois à revenir sur sa décision de forcer les Américains travaillant pour nos agences de presse à quitter le pays et, plus largement, à atténuer la répression croissante contre des agences de presse indépendantes qui ont précédé cette action », ont écrit les éditeurs.

« Les médias sont des dommages collatéraux dans un différend diplomatique entre les gouvernements chinois et américain, menaçant de priver le monde d’informations critiques à un moment périlleux ».

Le 18 mars, le gouvernement a annoncé que tous les journalistes américains des trois journaux basés dans le pays dont la carte de presse devait expirer en 2020 devaient la leurs rendre dans les 10 jours. Cette décision touche au moins 13 journalistes, selon une estimation du Club des correspondants étrangers de Chine.

L’annonce des autorités chinoises fait suite à la décision du président américain Donald Trump de modifier le statut des médias chinois sur le sol américain. Désormais, les principaux médias chinois sont devenus des représentations diplomatiques, avec une réglementation plus stricte et contrôlée.

De plus, l’administration Trump a décidé de limiter à 100 le nombre de citoyens chinois qui peuvent travailler aux États-Unis pour cinq médias chinois, « gérées par l’État et largement considérées comme des médias de propagande », ont écrit les éditeurs.

Ces derniers ont indiqué qu’avant ces récents évènements, « la Chine a expulsé trois journalistes du Wall Street Journal pour un titre, « La Chine est le vrai malade de l’Asie », dans une chronique d’opinion analysant l’épidémie de coronavirus.

La déclaration des trois éditeurs a indiqué que « cette décision – prise en représailles aux récentes expulsions du gouvernement américain – est une décision que nous protestons en toutes circonstances », ont écrit les éditeurs.

« Mais il est particulièrement dommageable et imprudent alors que le monde continue sa lutte pour contrôler cette maladie, une lutte qui exigera la libre circulation de nouvelles et d’informations fiables ».

Ils ont ajouté que « même lorsque cette crise passera, nous pensons que les deux pays continueront de bénéficier d’un accès plus libre aux nouvelles et informations sur l’autre ».

La Chine a mené « une répression plus large » contre les correspondants étrangers depuis l’entrée en fonction de Xi jninping, en 2012. Au cours de cette période, des médias étrangers ont fait état de problèmes que les autorités chinoises jugent sensibles, comme les camps de détention au Xinjiang, les affaires suspectes de certains proches de dirigeants chinois et la gestion par le gouvernement de l’épidémie de coronavirus.

Les éditeurs ont assuré que avoir « mis en évidence des informations et des analyses sur les progrès remarquables réalisés par la Chine dans la réduction de la propagation du virus grâce au confinement et à l’atténuation. Même maintenant, certains de nos journalistes étant menacés d’expulsion imminente, ils rendent compte de la manière dont la Chine mobilise les ressources de l’État pour développer des vaccins qui pourraient offrir de l’espoir à des milliards de personnes là-bas et dans le monde ».

La déclaration précise que le monde a été informé du virus grâce aux «journalistes qui travaillent pour nous en Chine, ainsi qu’à leurs collègues d’autres grandes agences de presse».

Les éditeurs ont conclut que «nos organes de presse sont rivaux. Nous rivalisons sur les plus grandes histoires, y compris celle-ci. Mais à ce sujet, nous parlons d’une seule voix».