Après des mois de rapport de force, les habitants de Soamahamanina à l’ouest de la capitale malgache, sont parvenus à faire déloger la compagnie chinoise Jiuxing Mines, qui exploite le gisement aurifère.

Dans une lettre ouverte, les dirigeants de l’entreprise ont reconnu qu’il y a « des divergences de points de vue concernant cette exploitation minière. Il faut reconnaître qu’il y avait eu des malentendus suite à la carence en communication ».

Ces derniers ont estimé, d’après Midi Madagasikara que « tout est faisable à partir du dialogue mais malheureusement cela n’a pas eu lieu, et ce, malgré les interventions des différents départements ministériels concernés ».

Les dirigeants de Jiuxing Mines ont déploré l’incompréhension de la population de Soamahamanina, qui a durant des mois manifester pour demander l’arrêt des activités, suite à l’obtention d’un permis d’exploitation, jugé douteux.

Or Jiuxing Mines a assuré et pu prouvée avoir reçu du gouvernement malgache une autorisation d’exploitation pour quarante ans. Cependant, « la société veut se retirer pour que le calme et la sécurité reviennent dans la ville de Soamahamanina », a expliqué à l’AFP Stella Andriamamonjy, la responsable communication de l’entreprise chinoise.

Cette dernière a indiqué : « On est en droit d’insister pour rester vu les investissements qui ont déjà été faits, mais nous faisons ce sacrifice pour l’apaisement social ». Toutefois, les investisseurs chinois attendent désormais des mesures des autorités.

« On espère que l’Etat va proposer des solutions afin que l’on puisse trouver un terrain d’entente avec la population locale. On espère revenir sur de nouvelles bases, réparer les erreurs passées », a assuré la responsable communication de l’entreprise chinoise.

Cette dernière a précisé que l’entreprise allait faire de son « mieux pour mettre en place d’abord les actions sociales, puisque c’est ce que les gens d’ici attendent, avant de procéder vraiment à l’extraction proprement dite ». Jiuxing Mines s’était engagé à construire des routes, électrifier le village, à réhabiliter un centre de santé et à en construire un nouveau, en contrepartie du permis d’exploitation.

Interrogé par Radio France International, le ministre des Mines Ying Vah Zafilahy, a, de son côté, expliqué que le retrait de l’entreprise se fait « dans l’intérêt de tous pour assurer la stabilité de la zone ».

En effet, ces dernières semaines, la tension entre les manifestants et les autorités a atteint son apogée avec des affrontements violents. Pour ce dernier, le problème est « que l’affaire ait été politisée alors que les procédures légales avaient toutes été respectées ».