La Chine appelle les pays participants à la COP27 à « répondre de manière effective aux inquiétudes exprimées par les pays en développement et d’accorder une attention particulière à leurs demandes dans le processus mondial visant à lutter contre les changements climatiques ».

Pékin a dit espérer que cet évènement se concentre sur la réalisation des objectifs existants, plutôt que de chercher à en trouver de nouveaux. « La Chine soutient l’Egypte dans son organisation d’une COP27 réussie. Nous sommes impatients de travailler avec toutes les parties pour faire de la COP27 une conférence sur le thème de la mise en œuvre avec comme points clés l’adaptation et le financement, lesquels constituent une préoccupation des plus importantes pour les pays en développement », a déclaré Li Gao, le directeur général du Département du changement climatique affilié au ministère chinois de l’Ecologie et de l’environnement, lors d’une conférence de presse organisée jeudi.

La 27e Conférence des parties (COP27) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), se déroulera du 6 au 18 novembre à Charm el-Cheikh en Egypte.

Li Gao a appelé l’ensemble des parties à mettre en œuvre pleinement et précisément les objectifs et les principes de la CCNUCC et de l’Accord de Paris, notamment le principe de «responsabilités communes mais différenciées» et celui des «capacités respectives», à adhérer à l’objectif de limiter le réchauffement climatique «à un niveau bien inférieur à 2°C et de préférence à 1,5°C», ainsi qu’à bâtir conjointement une coopération équitable et raisonnable.

Selon lui, la COP27 doit encourager toutes les pays à « transformer les objectifs déjà proposés de contributions déterminées au niveau national en politiques effectives, en actions concrètes et en projets spécifiques, plutôt que de d’efforcer de trouver de nouveaux objectifs ».

«Nous pensons que des slogans vides ne sont pas des ambitions et que les vraies ambitions ne peuvent être démontrées que par des mises en œuvre», a-t-il souligné.

Concernant l’adaptation, Li Gao a déclaré que la Chine soutenait l’initiative du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, sur l’établissement d’un système mondial d’alerte précoce. Les pays développés devraient en outre augmenter leur soutien financier pour l’adaptation des efforts dans les pays en développement et proposer une feuille de route pour doubler les fonds d’adaptation.

Lors de la COP15 de Copenhague, en 2009, les pays riches s’étaient engagés à donner 100 milliards de dollars par an pour aider les pays ayant les revenus les plus faibles d’ici 2020. Cette promesse n’a pas été tenue, suscitant une vague de critique de la part des représentants des Nations Unies.

«Cela a non seulement affecté et entravé gravement le développement de l’action climatique dans les pays en développement, mais également nui sérieusement à la confiance politique mutuelle entre les pays développés et les pays en développement. […] Nous enjoignons les pays développés à remplir leurs engagements de financement annuel à 100 milliards de dollars le plus rapidement possible, plutôt que de simplement soumettre un rapport au cours de la COP27 qui trouve des excuses au retard dans le respect de ces engagements», a souligné Li Gao.

«Les changements climatiques sont liés à l’avenir de l’humanité et seuls les efforts concertés de l’ensemble des parties permettront d’y faire face de manière effective. Nous devons défendre le vrai multilatéralisme, rejeter toute mesure unilatérale et toute politisation des questions climatiques, et nous opposer à toute sorte de découplage et de démondialisation», a-t-il réaffirmé.