La Chine enquête sur le ministre de la Gestion des urgences pour « graves violations disciplinaires et légales »
Wang Xiangxi, ministre chargé de la gestion des urgences, fait actuellement l’objet d’une enquête disciplinaire et de supervision, selon un communiqué officiel publié le 31 janvier.
Ilest actuellement sous le coup d’une enquête menée par la Commission centrale de contrôle de la discipline (CCCD) du Parti communiste chinois et la Commission nationale de supervision (CNS) pour violations graves présumées de la discipline et de la loi, selon le communiqué.
La Commission n’a pas fourni de détails dans son communiqué concernant Wang Xiangxi, qui occupe également le poste de secrétaire du Parti communiste. Ces enquêtes sont considérées comme des enquêtes pour corruption, et il est relativement rare qu’un ministre en exercice fasse l’objet d’un examen formel, ce qui souligne la sensibilité de l’affaire.
Une enquête inhabituelle visant un ministre en exercice
Wang Xiangxi, âgé de 63 ans, dirige le ministère de la Gestion des situations d’urgence depuis juillet 2022. Avant d’occuper ce poste, il était président de la National Energy Investment Corp., entreprise publique productrice d’électricité.
Cette enquête représente l’un des rares cas, ces dernières années, où un ministre en exercice est visé par les autorités disciplinaires. La Commission n’a pas précisé la date des violations présumées ni si elles sont liées aux fonctions actuelles ou antérieures de Wang Xiangxi. De ce fait, des questions subsistent quant à la portée et à l’orientation de l’enquête.
Quelques jours avant l’annonce de l’enquête, Wang Xiangxi a participé publiquement à une réunion interne régulière du ministère, selon un communiqué officiel publié en début de semaine. Cette réunion a permis aux cadres de procéder à une autocritique, une pratique courante au sein du Parti communiste.
Intensification de la lutte anticorruption
L’enquête visant Wang Xiangxi intervient dans un contexte d’intensification de la lutte anticorruption sous la présidence de Xi Jinping.
La semaine dernière, le ministère chinois de la Défense a annoncé enquêter sur Zhang Youxia, le plus haut gradé de l’armée et la deuxième personnalité la plus influente du pays après Xi Jinping. Cette annonce a clairement indiqué que la campagne continue de s’étendre aux plus hautes sphères du pouvoir.
Le président chinois Xi Jinping a déclaré en début de mois que la lutte contre la corruption est une bataille que la Chine ne doit pas perdre. Ses propos faisaient suite à un nombre record de 65 enquêtes visant de hauts fonctionnaires l’année dernière, témoignant d’un renforcement des contrôles.
Ces dernières années, la campagne anti-corruption s’est étendue au-delà des personnalités du gouvernement central. Les enquêtes se sont de plus en plus portées sur les anciens dirigeants d’universités et d’entreprises publiques, signe d’une attention accrue portée aux institutions considérées comme vulnérables aux risques de corruption.
Extension des contrôles aux responsables
L’enquête visant Wang Xiangxi n’est pas la seule annoncée par les autorités disciplinaires. Selon le quotidien d’État China Daily, l’organisme anticorruption a également ouvert une enquête sur Sun Shaocheng, ancien secrétaire du Parti de la région autonome de Mongolie-Intérieure.
Bien que les détails de cette affaire soient limités, l’annonce souligne que les anciens dirigeants régionaux restent soumis à un contrôle même après avoir quitté leurs fonctions. Ensemble, ces affaires renforcent l’idée que les responsables, actuels comme anciens, peuvent être visés.
Bien que la Commission centrale de contrôle de la discipline publie souvent peu d’informations au stade initial, de telles enquêtes peuvent mener à l’exclusion du Parti, à des poursuites pénales ou à de lourdes peines de prison si les faits sont avérés.
Ces développements suggèrent que Pékin entend maintenir la pression sur les hauts responsables de l’administration, de l’armée et des secteurs liés à l’État, le pouvoir continuant de présenter la lutte contre la corruption comme un élément central de la discipline et de la stabilité politiques.


