La Chine a promis le 10 août de ne laisser « aucune marge de manœuvre » aux partisans d’une indépendance de Taïwan, soulignant que « l’usage de la force » pour reconquérir l’île restait sur la table « en dernier recours ».

Ce nouvel avertissement intervient après de vastes exercices militaires chinois effectués ces derniers jours autour de l’île, en réplique à la visite à Taipei de la numéro trois américaine Nancy Pelosi.

Lire aussi : La Chine poursuit ses exercices militaires près de Taïwan

La visite de la présidente de la Chambre des représentants a été perçu par la Chine comme une provocation, les États-Unis s’étant engagés à n’avoir aucune relation officielle avec le territoire insulaire revendiqué par la Chine.

Lire aussi : La visite de Nancy Pelosi vivement critiquée par Wang Yi

Le Bureau des affaires de Taïwan a publié un « livre blanc » détaillant la manière dont Pékin envisage de reprendre l’île, notamment via des incitations économiques. « Nous sommes disposés à créer un vaste espace (de coopération) afin de parvenir à une réunification pacifique », a indiqué le document, en forme de main tendue aux Taïwanais.

Lire aussiLa Chine souhaite unifier Taïwan pacifiquement (Livre blanc)

« Mais nous ne laisserons aucune marge de manœuvre aux actions séparatistes ayant pour objectif une pseudo-indépendance de Taïwan, et cela, sous quelque forme que ce soit. »

La Chine estime que Taïwan, peuplée d’environ 23 millions d’habitants, est l’une de ses provinces, qu’elle n’a pas encore réussi à réunifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise (1949).

Certains jeunes taïwanais, notamment ces dernières années, commencent à développer une identité différente de celle de la Chine continentale. Un phénomène encouragé par le Parti démocratique progressiste (PDP, pro-indépendance) de la dirigeante taïwanaise Tsai Ing-wen, arrivée au pouvoir en 2016.

Contrairement au gouvernement précédent, Tsai Ing-wen refuse de considérer que Taïwan et la Chine continentale comme faisant partie d’une « Chine unique ». Une position qui a fortement dégradé les relations avec Pékin.

Lire aussi : Taïwan ne cèdera pas face à la Chine qui exige la signature du Consensus de 1992

Malgré le contexte tendu de ces derniers jours, un homme politique taïwanais d’opposition, Andrew Hsia Li-yan, s’est rendu le 10 août en Chine continentale afin d’y rencontrer des entrepreneurs et étudiants de l’île.

Haut diplomate, ex-patron de l’organisme taïwanais chargé des questions relatives à la Chine continentale, Hsia Li-yan est vice-président du Kuomintang (KMT), l’autre grand parti taïwanais, qui est anti-indépendance et partisan de relations pragmatiques avec Pékin.

« Non seulement le moment est mal choisi » mais « en plus c’est une offense faite à notre armée qui ne ménage pas ses efforts afin de protéger notre pays », a dénoncé sur Facebook le parti présidentiel taïwanais.

La Chine considère comme « séparatiste » le Parti démocratique progressiste (PDP, pro-indépendance) de Tsai Ing-wen, mais également toute personne militant publiquement pour l’indépendance ou pour la dilution de l’identité chinoise des Taïwanais.

De son côté, la dirigeante Tsai Ing-wen a visité le 11 juillet le commandement de l’armée de l’Air pour y écouter un compte-rendu sur la situation militaire. Elle a déclaré que la menace militaire chinoise restait importante et que Taïwan ne cherchait pas à créer d’escalade ou à provoquer des disputes, mais était résolu à défendre sa souveraineté et sa sécurité nationale.