La Chine a annoncé ce 8 août la poursuite d’exercices militaires près de Taïwan, suite à la visite de la présidente de la Chambre des représentants américains, Nancy Pelosi, à Taiwan.

Au lendemain du départ de Taipei de Nancy Pelosi, l’armée chinoise avait lancé le 4 août de vastes manoeuvres « à tir réel » dans six larges zones tout autour de Taïwan. Ces exercices devaient s’achever le 7 août dans la journée selon l’administration chinoise de la sûreté maritime.

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Sous estimant les mises en garde des autorités chinoises, quant à une visite de Nancy Pelosi à Taiwan, de nombreux pays occidentaux ne s’attendaient pas à l’ampleur de la réaction des autorités chinoises.

Nombre d’entre eux, notamment les chefs de la diplomatie du G7 (Etats-Unis, Japon, France, Allemagne, Italie, Canada, Royaume-Uni), ont critiqué les exercices militaires de la Chine, ainsi que les sanctions imposées contre les Etats-Unis. Selon eux, il n’y a « aucune justification » à ces manoeuvres militaires « agressives ».

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Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, avait lui qualifié de « disproportion totale » la réaction chinoise. Ce dernier avait par ailleurs publié un communiqué appelant la Chine à stopper ses exercices militaires, mais des manoeuvres se poursuivent encore ce 8 août.

« L’Armée populaire de libération (…) continue de mener des exercices pratiques interarmées dans l’espace maritime et aérien autour de Taïwan, en se concentrant sur des opérations conjointes anti-sous-marins et d’assaut en mer », a indiqué dans un communiqué le Commandement Est de l’armée chinoise.

Ce dernier n’a pas précisé dans quelles zones se déroulent ces manoeuvres, ni si elles sont « à tir réel » ou non. L’armée chinoise a mené depuis le 4 août les plus grands exercices militaires de son histoire autour de Taïwan, envoyant avions de chasse, navires de guerre, drones et tirant des missiles balistiques.

De son côté, l’armée taïwanaise est restée sur ses gardes tout au long de ces manoeuvres et devrait mener ses propres exercices à tir réel à partir du 9 août. Le Premier ministre taïwanais, Su Tseng-chang, a estimé le 7 août que « l’usage brutal de la force militaire par la Chine ébranle la paix et la stabilité ».

De même, le ministère taïwanais des Affaires étrangères a jugé que les exercices chinois constituaient une menace pour « la région et même le monde ». Pour sa part, la dirigeante Tsai Ing-wen, a estimé que « de telles actions militaires présentent une menace non seulement pour Taïwan mais également pour la communauté internationale. Ces pressions portent atteinte au statu quo entre les deux rives, sont source de nouvelles tensions dans la région Indo-Pacifique, et perturbent les lignes internationales de fret maritime ainsi que les opérations de commerce international ».