Les députés belges ont fait part de leur inquiétude vis-à-vis des ouïghours dans la région autonome du Xinjiang, dont un million de membres a été placé en centres de rééducation politique

«Nous appelons la Belgique à rectifier immédiatement son erreur afin d’éviter une dégradation des relations sino-belges», a déclaré le porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian.

La Chine a mis la Belgique en garde contre une dégradation des relations bilatérales, après le vote d’une commission du Parlement belge dénonçant « un risque sérieux de génocide » au Xinjiang (nord-ouest chinois).

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Les députés belges se sont inquiétés du sort de la minorité musulmane ouïghoure au Xinjiang, dont un million de membres a été placé en centres de rééducation politique, selon des organisations de défense des droits de l’Homme.

La Chine dément ce chiffre et parle de centres de formation professionnelle destinés à éloigner les Ouïghours de la radicalisation, après des attentats attribués à des chinois d’origine ouïghoure.

A Bruxelles, le vote intervenu en commission des Relations extérieures doit être confirmé en séance plénière à la Chambre des représentants le 1er juillet, a précisé le député écologiste Samuel Cogolati, à l’origine de la résolution.

La ministre des Affaires étrangères Sophie Wilmès a de son côté défendu l’indépendance et les libertés de réflexion et d’expression du Parlement belge.

La commission des Relations extérieures de la Chambre belge a approuvé une proposition de résolution qui reconnaît « un risque sérieux de génocide » de la minorité ouïghoure en Chine et condamne les « crimes de persécution et les violations massives des droits humains dans la région autonome du Xinjiang qui peuvent être constitutives de crimes contre l’humanité« .

Le porte-parole chinois a dénoncé le député Samuel Cogolati, qui fait déjà l’objet de sanctions de la part de la Chine. «Ce député a délibérément répandu des mensonges et des fausses informations, causant un tort grave aux intérêts et à la souveraineté de la Chine», a indiqué Zhao Lijian.

Après ceux du Canada, des Pays-Bas, du Royaume-Uni, de la Lituanie et de la République tchèque, le Parlement belge est devenu « la 6e assemblée démocratique au monde » à dénoncer les « crimes contre l’humanité » en cours contre les Ouïghours, selon les initiateurs du texte.

Si la Chambre des Relations extérieures approuve le texte en séance plénière le 1er juillet, elle rejoindra les parlements néerlandais, canadien, lituanien, tchèque et britannique ainsi que l’administration du président américain Joe Biden.

La reconnaissance d’un risque sérieux de génocide impliquera l’adoption de mesures préventives, conformément à la convention internationale de 1948 sur la prévention et la répression du crime de génocide.

La proposition de résolution contient 20 demandes au gouvernement fédéral belge, notamment de condamner la politique menée à l’égard des Ouïghours, le travail forcé ou les stérilisations forcées dont cette population musulmane fait l’objet, de plaider auprès des instances européennes pour un élargissement des sanctions à l’égard de la Chine si la répression des Ouïghours ne cessait pas ou encore de dénoncer les traités d’extradition bilatéraux avec la Chine si la situation devait s’aggraver.