La Chine publie des lignes directrices pour promouvoir un développement de qualité de l’e-commerce
La Chine a publié le 6 avril des directives destinées à son secteur du commerce en ligne, visant à coordonner le développement national avec les marchés internationaux, une semaine après la visite d’une délégation d’eurodéputés venue discuter des défis et de la concurrence dans ce domaine.
Les députés européens avaient fait pression sur la Chine sur les produits dangereux entrant dans l’UE et de l’accès limité au marché chinois, lors de la première visite du Parlement européen en Chine depuis huit ans.
En mars, l’UE a décidé de réformer son système douanier, notamment en prenant des mesures sévères à l’encontre des plateformes de commerce en ligne, principalement chinoises. Cela pourraient entrainer des amendes si elles vendaient des produits illégaux ou dangereux sur le territoire de l’UE.
Les nouvelles orientations de la Chine pour ce secteur visent à trouver un équilibre entre promotion et réglementation, efficacité et équité, tout en intégrant l’économie numérique et l’économie réelle. Toutefois, elles ne traitent pas du commerce en ligne de la Chine avec une région spécifique.
Ces orientations mentionnent également la création de zones pilotes pour les activités d’e-commerce transfrontalier qui seraient utilisées pour des initiatives spéciales, l’établissement de règles et de normes et l’expansion des plateformes vers les marchés étrangers.
« Nous encouragerons les entreprises d’e-commerce à établir des bases d’approvisionnement directes à l’étranger, à développer les importations de produits de haute qualité et distinctifs et à créer une ‘voie rapide’ de l’e-commerce pour permettre aux marchandises mondiales d’entrer sur le marché chinois », a indiqué le communiqué.
Cette mesure politique constitue une avancée constructive vers l’apaisement des tensions entre la Chine et l’UE en matière de commerce en ligne, mais elle a peu de chances de résoudre le différend de manière définitive, a déclaré Chen Bo, de l’Université nationale de Singapour.
Ce chercheur à l’Institut d’Asie de l’Est a minimisé les chances d’un règlement institutionnel complet, mais a déclaré qu’un accord provisoire pouvant déboucher sur un accord plus large restait envisageable. Cette politique « montre en réalité l’engagement de la Chine à promouvoir son e-commerce dans le monde, car les préoccupations de l’UE sont assez représentatives. D’autres économies de premier plan ou développées partagent d’ailleurs ces mêmes préoccupations », a ajouté Chen Bo.
Le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré que la visite de la délégation de l’UE pourrait améliorer la compréhension de la Chine par le bloc des Vingt-Sept et favoriser des relations bilatérales stables. Cette visite a également marqué un renouveau prudent des relations après les tensions liées aux déséquilibres commerciaux, aux liens entre Pékin et la Russie à la suite de la guerre en Ukraine et aux tensions entourant les contrôles à l’exportation des terres rares.
Soutenir l’économie réelle
Ces lignes directrices ont été publiées conjointement par le ministère chinois du Commerce, les ministères de l’Industrie, de l’Agriculture et du Tourisme, ainsi que par les autorités de régulation du cyberespace et des marchés, dans le but de promouvoir un développement de qualité du secteur du commerce électronique, dans le but de renforcer son rôle dans le soutien à l’économie réelle.
Ce document présente les mesures clés destinées à approfondir l’intégration entre l’économie numérique et l’économie réelle. L’accent est mis sur l’autonomisation des petites et moyennes entreprises et des zones rurales, grâce au commerce électronique, sur la stimulation de la numérisation industrielle et sur l’encouragement de l’innovation technologique pour améliorer la qualité de la consommation.
Ces lignes vont également étendre l’ouverture de haut niveau en faisant progresser le commerce électronique transfrontalier et l’initiative d’e-commerce de la Route de la soie. Elles favorisent aussi une meilleure harmonisation avec les règles internationales dans des domaines tels que le commerce numérique.
Afin de favoriser un écosystème de développement sain, les lignes directrices préconisent de clarifier les responsabilités des plateformes, de renforcer la réglementation et d’aider les entreprises de commerce électronique à se développer à l’international dans le respect des réglementations en vigueur.
Les mesures de soutien comprennent l’amélioration des services financiers, la valorisation des données et le renforcement de la formation des talents dans ce secteur, selon l’agence de presse, Xinhua. Le ministère du Commerce s’est également engagé à collaborer avec les services concernés, afin de garantir la mise en œuvre efficace de ces lignes directrices.


