Pékin a annoncé le 7 décembre un allègement de sa stratégie «zéro Covid», quelques jours après des manifestations massives dénonçant la rigueur des restrictions sanitaires en vigueur depuis le début de la pandémie, en 2019.

En dépit de ces annonces, de nombreux Chinois restent méfiants, attendant de voir l’application de cet allègement sur le terrain, après des mois de chaos entre le pouvoir central et les échelons provinciaux vis-à-vis de la politique sanitaire.

La puissante Commission Nationale de Santé (CNH) a annoncé un changement en autorisant la quarantaine à la maison pour les patients positifs au Covid 19. «Les personnes infectées asymptomatiques et les cas légers qui peuvent être isolés à domicile le seront de manière générale», a déclaré la commission.

Selon les nouvelles consignes, seules les personnes présentant des symptômes lourds seront isolées dans des sites spécifiques. Le gouvernement a aussi prévu l’allègement du fardeau de tests PCR à répétition, que dénoncent le quotidien des Chinois depuis plusieurs mois.

Le gouvernement va «réduire davantage la portée des tests à l’acide nucléique et en réduire la fréquence», alors qu’il demandait aux habitants de se tester plusieurs fois par semaine pour pouvoir accéder à tout lieu public. Une mesure qui entrave la vie des grandes métropoles, et impacte l’activité économique.

Il est prévu que les «code vert» sur les smartphones, indispensable pour circuler, devraient s’effacer pour redonner de la mobilité à une population entravée. Il sera désormais possible de voyager d’une province chinoise à l’autre sans avoir à présenter un test PCR négatif de moins de 48 heures, et aucun test ne sera non plus exigé à l’arrivée, selon la Commission nationale de la santé.

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Cependant, la quarantaine aux frontières reste, isolant toujours la Chine du reste du monde. Le gouvernement confirme les déclarations faites par la vice-première ministre, Sun Chunlan, qui avait reconnu un «changement» des conditions de la lutte sanitaire, pointant la faible dangerosité d’Omicron.

Ce virage survient au lendemain des manifestations de milliers de chinois dans dix-huit villes du pays fin novembre, exprimant un ras-le-bol sanitaire. Les Chinois ont réagi avec surprise à ce changement de politique.

Certains sont réjouit et d’autres restent sur leurs gardes pour beaucoup, face à des autorités sous pression, qui ont multiplié les annonces contradictoires. En effet, les politiques nationales ne sont pas toujours exécutaient par les autorités provinciales.

D’autres dénoncent un changement abrupt du gouvernement qui n’assumerait pas ses responsabilités. D’autant plus que ce tournant intervient dans un contexte de difficultés économiques croissantes, accentuées par la stratégie «zéro Covid», selon les experts.