Le ministère chinois des Affaires étrangères a vivement réagi à la mise en cause de la Chine par les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux pour une série de cyberattaques mondiales.

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L’UE, le Royaume-Uni, l’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande et l’Otan se sont associé aux Etats-Unis pour accuser la Chine de «faire appel à des pirates informatiques criminels», selon un haut responsable américain.

La Chine a «un comportement irresponsable, perturbateur et déstabilisant dans le cyberespace, ce qui représente une menace majeure pour l’économie et la sécurité» des États-Unis et de ses partenaires, a déclaré le secrétaire d’État américain Antony Blinken.

«Le gouvernement chinois doit mettre un terme à son cyber-sabotage systématique et doit être tenu responsable s’il ne le fait pas», a ajouté le chef de la diplomatie britannique Dominic Raab.

Pour la Chine les accusations des USA et de l’Union Européenne étaient sans fondements. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Zhao Lijian a déclaré lors d’un point presse que «les États-Unis ont rassemblé leurs alliés pour lancer des critiques déraisonnables contre la Chine sur la question de la cybersécurité. C’est purement une diffamation et un dénigrement pour des motifs politiques. La Chine n’acceptera jamais cela».

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a donc rejeté des accusations « ne reposant sur rien » et ayant selon lui des visées politiques.

« La Chine ne peut pas l’accepter », a protesté Zhao Lijian lors d’une conférence de presse, assurant que son pays ne mène pas de cyberattaques.

A Washington, un porte-parole de l’ambassade de Chine a jugé que les accusations américaines étaient « irresponsables », ce qui augure de nouvelles tensions entre les deux pays.

Selon Zhao Lijian, les affirmations de ce petit nombre de pays occidentaux ne représentaient pas la communauté internationale, et a appelé les États-Unis à se concentrer plutôt sur ses problèmes et à faire face à ces menaces de sécurité.

«La Chine prendra les mesures nécessaires pour protéger fermement sa cybersécurité et ses propres intérêts», a-t-il ajouté.

De son côté, un porte-parole de l’ambassade de Chine au Royaume-Uni a fait part de sa vive opposition aux accusations britanniques de cyberattaques qui viendraient de Chine.

Face à ces accusations du Foreign Office, soutenus par plusieurs pays, selon lesquelles des acteurs soutenus par l’État auraient accédé à des ordinateurs via des serveurs de Microsoft Exchange, il a parlé de « pure fabrication » et de « calomnie ».

« Nous appelons la partie britannique à cesser immédiatement de faire écho à ces accusations infondées et irresponsables contre la Chine », a dit le porte-parole.

Le porte-parole a dit noter que les Etats-Unis se livraient de longue date à des pratiques cybernétique de vol, de surveillance et d’attaque à grande échelle, organisées et indiscriminées contre des gouvernements, des entreprises et des individus étrangers.

Ce dernier a évoqué les affaires WikiLeaks, Edward Snowden, Crypto AG et le vol d’informations sur des chefs d’Etat et de gouvernement européens.

En la matière, le Royaume-Uni et ses alliés appliquent une politique du deux poids deux mesures et recourent à la vieille astuce du voleur qui crie « Au voleur!« , a poursuivi le porte-parole de l’ambassade.

A ses yeux, la cybersécurité est une question globale qui touche aux intérêts de tous. La Chine s’est toujours montrée ouverte et honnête sur cette question, se tenant toujours disposée à travailler avec tous pour bâtir une communauté partagée de cyber-sécurité, a-t-il conclu.

Pour sa part, l’ambassade de Chine à Ottawa a exhorté «le Canada à abandonner sa mentalité de guerre froide et ses préjugés idéologiques». Lorsque des diplomates de l’UE, du Royaume-Uni, de la Norvège et de la Nouvelle-Zélande ont publié leurs déclarations, un porte-parole de l’ambassade a qualifié leurs propos de «sans fondement» et de «diffamation malveillante».