L’Institut des Droits de l’homme (IDH) de l’Université chinoise de science politique et de droit (CUPL) a dénoncé le rapport de l’anthropologue, Adrian Zenz, sur la « campagne de contrôle des naissances » de la Chine dans la région autonome du Xinjiang.

Urumqi, capitale de la région du Xinjiang

Le rapport est composé de plusieurs enquêtes approfondies de l’agence de presse Associated presse (AP) et de la Jamestown Foundation, de statistiques gouvernementales, de documents officiels, ou encore d’entretiens avec d’anciennes détenues, ainsi que d’une ancienne surveillante de « centre de formation professionnel » au Xinjiang.

Les auteurs attestent que la Chine mène dans sa région du Xinjiang, à majorité musulmane, des stérilisations forcées, visant majoritaire les ouïghours. Cette communauté principalement musulmane et turcophone.

Adrian Zenz, chercheur allemand, a déjà écrit plusieurs rapports sur les politiques chinoises au Xinjiang. Selon les auteurs de cette enquête, qui parlent de «génocide démocratique», entre 2015 et 2018, le taux de natalité dans les deux grandes préfectures de la région où les Ouïghours sont majoritaire, Kashgar et Hotan, a baissé de 60%. Dans la région de Xinjiang, le nombre de naissances a baissé de 24% en un an, alors que cette baisse, à l’échelle nationale, n’est que de 4,2%.

Pour l’Institut des Droits de l’Homme de Chine, ce rapport est un « mélange de patchwork aléatoire et de spéculation subjective », attestant que le document « est extrêmement imprécis, a romancé la relation entre les images et les textes, malicieusement interprété les cas, et que la conclusion n’avait aucun fondement factuel. »

Les auteurs relayent que certaines femmes déclarent avoir été contraintes de se faire stériliser, sous peine d’être envoyées dans ces « camps ». L’implantation d’un stérilet aurait été imposée à d’autres et plusieurs femmes relatent aussi avoir subi des avortements forcés.

La Chine semble utiliser un contrôle des naissances coercitif dans le Xinjiang dans le cadre «d’une stratégie plus vaste de domination ethno-raciale», a écrit Adrian Zenz dans ce rapport de la Jamestown Foundation.

Interrogé au sujet du rapport, un porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian, a réfuté ce lundi ces allégations, assurant qu’elles étaient «sans fondement» et que le Xinjiang était désormais «stable et harmonieux».

De son côté, les chercheurs de l’institut attestent que Adrian Zenz a téléchargé des photos sur Internet, qui étaient incompatibles avec son rapport, et déduit la situation du planning familial au Xinjiang sur la base de faux rapports, imaginant la soi-disant « stérilisation obligatoire » et le « génocide » au Xinjiang.

« Défiant les normes académiques et l’éthique, de telles pratiques ont été menées politiquement au nom de la recherche universitaire », selon les auteurs de l’Institut du CUPL. Ces derniers prennent l’exemple des contrôles de santé devenus omniprésents, dénoncés par Adrian Zenz.

Ces contrôles ont lieu dans les zones de minorités ethniques du Xinjiang, et sont un moyen de contrôler la croissance démographique et d’appliquer les mesures intrusives de contrôle des naissances. Pour l’IDH, « l’image jointe à l’article montre un groupe de personnes âgées qui reçoivent des contrôles de santé gratuits dans le cadre de la campagne locale de lutte contre la pauvreté ».

« La tentative de Adrian Zenz de prouver sa déduction par des photos n’élucide pas les mensonges qu’il a fabriqués sur le génocide et le planning familial forcé, mais montre que le travail de santé publique au Xinjiang porte des fruits », ont assuré les chercheurs de l’IDH de Chine.

Pour eux, « les rapports indépendants comme celui de Adrian Zenz sont … un moyen pour les forces anti-Chine occidentales de s’ingérer dans les affaires intérieures de la Chine en faisant de fausses déclarations au nom de soi-disant experts ».