Il est de coutume que – dans les services ou au niveau personnel – les fins d’année donnent lieu à une analyse rétrospective des mois écoulés, à un bilan d’activités et à la formulation de projets et programmes pour l’année nouvelle.

Nous prêtant à cet exercice, nous avons fait le constat que l’année 2018 a été un millésime qui demeurera marquée en lettres d’or dans les annales des Relations Internationales, notamment de la Coopération Sino-africaine, au regard des intenses activités menées aux plans diplomatique, économique commercial, culturel et social, aux excellents résultats acquis, aux engagements de hauts niveaux enregistrés ; mais aussi et surtout à la disponibilité fortement exprimée par la Chine de construire avec les pays Africains «Une Communauté de Destin encore plus solide».

En effet au mois de Mai 2018, le Burkina Faso a renoué les relations diplomatiques avec la République Populaire de Chine, intégrant ainsi la grande famille du Forum sur la Coopération Sino-africaine (FSCSA).

Du 16 au 18 juin 2018, l’Université de la Défense Nationale de Beijing a abrité le premier Forum Sino-africain sur la Défense et la Sécurité. J’ai eu l’honneur et le privilège d’être un des Conférenciers à cette importante Rencontre.

Du 2 au 5 juillet 2018 s’est tenue à Beijing la 7eme Réunion du Forum Sino-africain des Think Tanks, une composante importante de la Coopération Sino-africaine, depuis sa création en 2011 à Hangzhou, en Chine sous la direction d’une équipe comprenant l’émérite Africaniste, le Professeur Liu Hongwu, Dean de l’Institut d’Etudes Africaines de Zhejiang Normal University.

En juillet 2018, le Président Xi Jinping a effectué sa 9e visite en Afrique, sa 4e en tant que Président de la République Populaire de Chine ; un acte symbolique fort dans les relations diplomatiques entre la Chine et l’Afrique. Cette visite, entamée par le Sénégal, un pays francophone d’Afrique a une fois de plus apporté la preuve, si besoin était, de l’attachement du Président Chinois au continent africain.

Les 3 et 4 Septembre 2018, la Chine a organisé le 7ème Sommet du Forum sur la Coopération Sino-africaine à Beijing.  Cet évènement diplomatique majeur de l’année, a consacré la vitalité de la Coopération Sino-africaine. Le Sommet a été l’occasion pour les pays Africains et la Chine de travailler ensemble sur le thème: «La Chine et l’Afrique: édifier une Communauté de Destin plus forte grâce à une Coopération gagnant-gagnant».

Le Sommet a ouvert de nouvelles perspectives pour la Coopération Sino-africaine en associant étroitement les pays africains à «l’Initiative la Ceinture et la Route», en Anglais, (One Belt and One Road), le plus grand projet d’infrastructures et d’investissements de l’histoire de l’humanité. Ce projet du siècle initié par le porte flambeau des héros de la «Longue Marche», descendant des braves acteurs de «la Route de la soie» et de l’illustre génération dont les inventions ont révolutionnées le progrès mondial, le Président Xi Jinping, se veut fédérateur des énergies pour le développement, la prospérité partagée et la paix entre les peuples, au moment où le Président Américain prône «l’Amérique d’abord (America first)» et construit des murs entre les peuples.  Aujourd’hui, «La Ceinture et la Route» intègre près de 100 pays à travers le monde, soit  plus de 70% de la population mondiale et plus de 45% du PIB mondial en 2017.

Lors du Sommet de Beijing 2018, Dans un immense discours le Président Xi Jinping dira :«Par l’initiative la Ceinture et la Route, nous espérons donner de nouvelles forces motrices au développement commun à travers cette nouvelle plateforme de coopération internationale et la transformer en une route de paix, de prospérité, d’ouverture, de développement vert et d’innovation et d’une route d’échanges entre les civilisations…».

Les grands événements ci-dessus cités parmi tant d’autres, ont finis d’exposer au regard des plus critiques, l’excellence de la Coopération Sino-africaine, et surtout, l’attachement fort de la Chine aux principes de fidélité, de pragmatisme, de respect mutuel qui caractérisent ses relations avec l’Afrique depuis la Conférence de Bandung en 1955 et la mémorable visite du Premier ministre Zhou Enlai en Afrique en janvier 1964.

Cette année 2018 marque aussi le 40e anniversaire de la mise en œuvre de la politique de « la Réforme et de l’Ouverture ». Au cours des 40 dernières années, les relations entre la Chine et l’Afrique n’ont cessé de se raffermir et de gagner en solidité et en profondeur. La coopération économique et commerciale entre les deux parties a enregistré une évolution remarquable.

Les échanges culturels et humains ont connu une progression régulière. Chaque année, on enregistre près de deux millions de mouvements de personnes entre la Chine et l’Afrique. De nombreux Africains s’installent  en Chine en vu de réaliser leur rêve.

Au regard de tout ce qui précède, il  nous vient à l’esprit des questionnements constituant à notre humble avis, de véritables défis pour les diplomaties Africaines. A savoir :

  • Que doivent faire les diplomaties Africaines pour fructifier au maximum la Coopération avec ce sincère et vrai ami historique ?
  • Que doivent faire les diplomaties Africaines pour préserver l’ancrage des pays africains au train rapide du développement de la Chine ?
  • Que doivent faire les pays Africains, les Organisation Continentales, régionales et sous régionales Africaines pour perfectionner régulièrement les mécanismes de coopération existant avec la Chine, renouveler les concepts, élargir les champs d’action et en améliorer constamment la qualité et les niveaux ?  Tout cela,  à la lumière des changements et des adversités sur la scène internationale.

Nous pensons que les Diplomaties  Africaines doivent œuvrer dans les meilleurs délais pour relever ces défis. Elles réussiront cette mission en améliorant d’abord les cadres de concertation intra-africaines afin de conduire harmonieusement des projets et programmes fédérateurs, cohérents et bien élaborés par rapport à la Chine.

Les diplomaties africaines devront s’adapter aux exigences du temps, appréhender la dynamique des changements sur la scène internationale, faire preuve d’innovation, faire émerger plus d’idées répondant aux enjeux  de notre temps et de la jeunesse africaine. Enfin, elles devront acquérir le dynamisme nécessaire et la capacité adéquate pour répondre aux critiques tendancieuses sur la coopération Sino-africaine afin d’écrire l’histoire des relations Sino-africaines pour les générations futures.