lundi, juin 24

La France «consternée» par les déclarations de l’ambassadeur de Chine sur la Crimée

Interrogé le 21 avril sur la chaîne française LCI, Lu Shaye a estimé que les pays de l’ex-URSS « n’ont pas le statut effectif dans le droit international parce qu’il n’y a pas d’accord international pour concrétiser leur statut de pays souverain ».

Concernant la Crimée, un territoire ukrainien que la Russie occupe depuis 2014, il a déclaré : « Ca dépend de comment on perçoit ce problème. Il y a l’Histoire. La Crimée était tout au début à la Russie. C’est Khrouchtchev qui a offert la Crimée à l’Ukraine dans l’époque de l’Union soviétique. »

L’ambassadeur de Chine en France Lu Shaye a appelé à arrêter de « chicaner » sur la question des frontières post-soviétiques. « Maintenant, le plus urgent est d’arrêter, de réaliser le cessez-le-feu » entre Russie et Ukraine, a-t-il estimé.

A la suite de ces déclarations, Paris a fait part de sa «consternation» après les propos de l’ambassadeur de Chine en France, qui a nié la souveraineté des pays issus de l’Union soviétique et a questionné l’appartenance de la Crimée à l’Ukraine.

Le ministère français des Affaires étrangères a indiqué dans un communiqué, le 23 avril, avoir «pris connaissance avec consternation» de ces propos, demandant à la Chine «de dire (s’ils) reflètent sa position, ce que nous espérons ne pas être le cas».

L’Ukraine a été reconnue internationalement «dans des frontières incluant la Crimée en 1991 par la totalité de la communauté internationale, Chine comprise, à la chute de l’URSS comme nouvel Etat-membre des Nations unies», a indiqué le ministère, qui a rappelé que l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014 est «illégale au regard du droit international».

Kiev a également réagi le 23 avril : «il est étrange d’entendre une version absurde sur l’histoire de la Crimée de la part d’un représentant d’un pays scrupuleux au sujet de son histoire millénaire», a écrit sur Twitter Mykhaïlo Podoliak, conseiller à la présidence ukrainienne.

La Chine est officiellement neutre dans l’opération militaire russe en Ukraine, le président chinois Xi Jinping n’a jamais condamné la Russie ni même parlé au téléphone, jusqu’ici, avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

À l’inverse, il s’est rendu récemment à Moscou pour y réaffirmer son partenariat avec le président russe Vladimir Poutine, signe d’un front anti-occidental.

Lors d’une visite en Chine début avril, Emmanuel Macron avait tenté de pousser Xi Jinping à «ramener la Russie à la raison» vis-à-vis de l’Ukraine et l’avait pressé de ne pas livrer d’armes à Moscou.

Lire aussi : Le président français Emmanuel Macron est arrivé en Chine

Xi Jinping et Emmanuel Macron avaient d’ailleurs publié une déclaration commune dans laquelle ils s’engageaient à «soutenir tout effort en faveur du retour de la paix en Ukraine».

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