Des milliers de personnes ont manifesté ce 7 juillet à Hong Kong pour maintenir la pression sur le gouvernement local pro-Bejing. A l’issue de ce rassemblement, la police anti-émeutes a chargé en soirée un groupe de protestataires devant une gare controversée.

Cette nouvelle manifestation était la première d’importance depuis la prise du Legco, le 1er juillet par des protestataires masqués. Elle a rassemblé plus de 230.000 personnes, selon l’un des organisateurs, Ventus Lau Wing-hong, la police parle elle de 56.000 personnes.

En fin de soirée, la police anti-émeutes a chargé des protestataires dans le quartier de Mongkok dans le nord de la ville, après un face-à-face tendu entre elle et un groupe d’environ 300 manifestants.

Depuis plusieurs semaines, Hong Kong est de le théatre de manifestation dans un contexte de profonde crise politique déclenchée par un projet de loi autorisant les extraditions vers la Chine.

Le projet a été suspendu mais cela n’a pas suffi à apaiser la colère, qui s’est transformée un mouvement plus vaste contre le pouvoir local. Ce 7 juillet, les manifestants ont défilé dans les rues de Tsim Sha Tsui, quartier prisé des touristes du continent, dans la partie continentale de Hong Kong, afin d’expliquer les raisons de leur contestation aux visiteurs chinois.

En Chine, les manifestations de Hong Kong y sont décrites comme violentes, résultant d’un complot venant de l’étranger pour déstabiliser le gouvernement chinois, et non comme un mouvement populaire contre l’influence croissante de la Chine sur les libertés dont jouissent les hongkongais.

Les manifestations veulent l’annulation pure et simple du projet sur les extraditions, une enquête indépendante sur l’utilisation par la police de balles en caoutchouc, une amnistie pour les personnes arrêtées et la démission de la cheffe de l’exécutif, Carrie Lam.

Beijing a mis tout son poids dans la balance pour soutenir les autorités, réclamant une enquête pénale contre les personnes impliquées dans les violences.

Dans un entretien à la BBC, l’ambassadeur de Chine à Londres a déclaré que le texte sur les extraditions était nécessaire pour « combler un vide » juridique, ajoutant avoir « toute confiance dans le gouvernement de Hong Kong« .

Les protestataires ont rejoint la nouvelle gare de West Kowloon, ouverte en septembre 2018 pour relier Hong Kong au réseau ferroviaire à grande vitesse du Guangdong.

La gare a été bouclé par la police et entouré par de lourdes barrières de sécurité. Seuls les passagers déjà munis de billets étaient autorisés à entrer. La gare est dénoncée par ses détracteurs comme le cheval de Troie de la Chine, car la législation chinoise s’y applique dans certaines zones.

Ventus Lau Wing-hong a expliqué à l’Agence France Presse que les manifestants n’avaient aucune intention d’occuper la gare, par peur d’être envoyé en Chine. En effet, la Constitution de Hong Kong acte que la législation chinoise ne s’applique pas au territoire, sauf dans certains domaines comme la défense.