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La Première ministre japonaise affirme que Pékin veut modifier le statu quo «par la force ou la coercition»

La Première ministre japonaise affirme que Pékin veut modifier le statu quo «par la force ou la coercition»

La première ministre du Japon, Sanae Takaichi, a accusé le 20 février la Chine de vouloir «modifier le statu quo par la force ou la coercition» dans les zones maritimes, dont elle dispute la souveraineté à ses voisins. Cependant, elle assure vouloir établir des «liens stables et constructifs».

La Chine «intensifie ses tentatives de modifier unilatéralement le statu quo par la force ou la coercition en mer de Chine orientale et en mer de Chine méridionale, tout en étendant et en renforçant ses activités militaires dans les zones entourant notre pays», a affirmé la dirigeante ultraconservatrice devant le Parlement.

A l’instar de son prédécesseur Shigeru Ishiba, Sanae Takaichi a déclaré que le Japon était confronté à «l’environnement sécuritaire le plus grave et le plus complexe» depuis la Seconde Guerre mondiale, citant non seulement la Chine, mais aussi la Russie et la Corée du Nord.

«Nous poursuivrons notre dialogue»

Devenue en octobre la première femme à gouverner le Japon, Sanae Takaichi a été réélu le 18 février après le triomphe de son Parti libéral-démocrate (PLD) lors de législatives anticipées le 8 février. Elle prononçait le 20 février son discours de politique générale devant les parlementaires, mentionnant les tensions diplomatiques avec la Chine.

Sanae Takaichi a laissé entendre en novembre 2025 que le Japon pourrait intervenir militairement en cas d’attaque contre Taïwan, une île dont Pékin revendique la souveraineté et dont il n’exclut pas de reprendre le contrôle par la force.

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Ses déclarations avaient alors provoqué la colère de la Chine, qui a riposté en déconseillant à ses ressortissants les voyages au Japon, en durcissant ses contrôles commerciaux, et en menant des manœuvres aériennes conjointes avec la Russie.

«La politique constante de (notre) gouvernement est de promouvoir avec la Chine une relation mutuellement bénéfique fondée sur des intérêts stratégiques communs et de bâtir une relation constructive et stable», a déclaré Sanae Takaichi, tentant de modérer ses précédentes prises de parole sur la Chine. «Compte tenu du rôle important que joue la Chine en tant que voisin et des nombreux problèmes et défis en suspens, nous poursuivrons notre dialogue et répondrons avec calme et discernement, dans le respect de nos intérêts nationaux», a-t-elle ajouté.

Augmenter les dépenses et équipements militaires

Cependant, Sanae Takaichi a indiqué le 20 février vouloir réviser cette année les trois documents clés de la politique de défense du Japon, car «les changements dans l’environnement sécuritaire, tels que l’émergence de nouvelles formes de guerre et la nécessité de se préparer à des conflits prolongés s’accélèrent dans de nombreux domaines».

Cette dernière souhaite également accélérer les discussions en vue d’un nouvel assouplissement de l’embargo japonais sur l’exportation d’armements létaux. «Cela contribuera à renforcer la dissuasion et les capacités de réaction de nos alliés et partenaires partageant les mêmes valeurs, tout en consolidant la base de production de défense du Japon et son socle de technologies civiles», a-t-elle fait valoir.

Sanae Takaichi avait déjà indiqué l’an dernier vouloir accélérer le gonflement des dépenses militaires du pays, afin que celles-ci atteignent l’objectif de 2% du Produit intérieur brut (PIB) national avec deux ans d’avance.

Wang Yi réaffirme sa position solennelle sur les relations sino-japonaises

Le 14 février 2026, Wang Yi, ministre des Affaires étrangères, a participé à la Conférence de Munich sur la sécurité, où il a prononcé un discours lors de la session «Dialogue avec la Chine».

A cette occasion, Wang Yi a souligné que « les propos erronés » de la Première ministre japonaise sur la question taïwanaise « révèlent l’ambition persistante du Japon d’envahir et de coloniser Taïwan, ainsi que sa volonté manifeste de raviver le militarisme ».

Ce dernier a indiqué que « le Japon a déjà lancé son agression contre la Chine et attaqué Pearl Harbor aux États-Unis sous prétexte d’une prétendue « crise existentielle ». Les leçons de l’histoire sont encore d’actualité et doivent être entendues. Si le Japon refuse de se repentir, il répétera inévitablement les erreurs du passé. Les personnes de bonne volonté doivent rester vigilantes ».

Selon lui, « il faut d’abord rappeler au peuple japonais qu’il ne doit pas se laisser aveugler ou manipuler à nouveau par les forces d’extrême droite et les idéologies extrémistes. Tous les pays épris de paix doivent également adresser un avertissement au Japon : s’il tente de remonter le cours de l’histoire, il signera son propre arrêt de mort. S’il persiste dans cette voie, il ne fera que subir une défaite plus rapide et une perte plus désastreuse encore ».

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