Pendant la Première Guerre mondiale, le Japon tente d’établir sa suprématie coloniale sur le territoire chinois. En 1915, le gouvernement japonais présente à la Chine «21 demandes» visant à faire du pays un véritable protectorat japonais.

Ces 21 demandes sont un ensemble de requêtes que le gouvernement de l’empire du Japon de l’ère Taishō a dressé à Yuan Shikai, président de la République de Chine le 18 janvier 1915.

Ces demandes sont assorties de menaces en cas de refus de la part de la Chine. En effet, le Japon adopte la stratégie de pression militaire et de menace des étrangers, qui parviennent par la force à obtenir de très nombreux avantages.

La Chine accepte ces demandes à travers plusieurs traités signés le 25 mai 1915. Cette liste de demandes vise à étendre le contrôle politique et économique du Japon sur la Chine, dans le but de faire du pays «un protectorat japonais».

Ainsi, l’empire du Japon dispose, au nord de la Chine et en Mandchourie, d’un poids économique et politique à la suite de ses victoires dans la première guerre sino-japonaise et dans la guerre russo-japonaise. Avec le renversement de la dynastie Qing au cours de la Révolte des Boxers, le Japon pense pouvoir accroître encore son influence.

Les « Vingt et une demandes » sont divisées en cinq groupes :

  • le premier groupe implique la confirmation des récentes acquisitions du Japon dans la province du Shandong et étendent le contrôle japonais sur les voies ferrées, les côtes et les grandes villes de la province;
  • le deuxième groupe concerne le chemin de fer de Mandchourie du Sud, déjà contrôlé par le Japon, et étend le bail jusqu’au XXIe siècle. Sont également prévues l’extension du contrôle japonais sur le Sud de la Mandchourie et l’Est de la Mongolie-Intérieure, ainsi que la nomination de conseillers politiques japonais auprès du gouvernement, et des priorités accordés aux investissements japonais;
  • le troisième groupe accorde au Japon le contrôle du complexe minier de Hanyeping;
  • le quatrième groupe prévoit l’interdiction faite à la Chine d’accorder davantage de concessions côtières à des puissances étrangères autres que le Japon ;
  • le cinquième groupe contient une série de demandes diverses, incluant la nomination de conseillers japonais auprès du gouvernement central chinois, un contrôle japonais sur les forces de police chinoises, et le droit de Shigenobu Ōkuma, Premier ministre de l’empire du Japon.