La Zone de libre-échange continentale africaine et l’Initiative « La Ceinture et la Route » se sont associés pour dynamiser le développement économique et social en Afrique.

Les deux plans vont renforcer la coopération industrielle et la construction d’infrastructures, a estimé l’universitaire ivoirien, Abdoulaye Bamba, dans une interview accordée à l’agence de presse, Xinhua.

Ce dernier, également maître de conférence en histoire des relations internationales à l’Université Félix Houphouët-Boigny à Abidjan, a expliqué qu' »en termes de vision futuriste, ces deux projets se rejoignent et offrent d’énormes possibilités pour rendre compétitive l’économie africaine et faciliter le commerce et la coopération régionale ».

La ZLECA envisage de créer un espace commun qui faciliterait les échanges et, par ricochet, rendrait « compétitive » l’économie du continent, a rappelé l’universitaire. Cette zone est un marché continental unique des biens et services.

Cela correspond à la libre circulation des hommes d’affaires et des investissements, à la suppression des droits de douane entre les pays membres et à la création d’un marché de 1,2 milliard de personnes pour un produit intérieur brut (PIB) combiné de plus de 2.500 milliards de dollars.

Pour Abdoulaye Bamba, l’objectif de l’ICR est d’« établir un réseau d’infrastructures, des conditions financières et politiques qui faciliteront le commerce et la coopération régionale ». Et en matière d’infrastructures, la Chine dispose de « technologies mondiales » et a fait montre de son « savoir-faire ».

En Côte d’Ivoire, la Chine a réalisé le plus grand projet portuaire du pays avec l’extension et la modernisation du port d’Abidjan. D’un coût de 933 millions de dollars (821 M€) financé à 85% par un prêt de l’Eximbank chinoise et à 15% par l’Etat ivoirien avec des banques locales et régionales.

Ces nouveaux terminaux permettent à près de 190 000 véhicules d’être débarqués au port d’Abidjan, et sa capacité a triplé, passant d’un débit de flux de 600 000 conteneurs à 1,8 million de conteneurs, sans oublier l’accostage des gros navires de plus de 150 000 tonnes avec un tirant d’eau de 16 mètres.

« Cela favorisera le raccordement de toutes les capitales africaines et de leurs économies », a assuré Abdoulaye Bamba, relevant que sur le plan des relations commerciales, « seulement environ 16% des échanges se font entre pays africains contre 70% avec l’Europe et l’Asie ».

L’Initiative « La Ceinture et la Route » se pose comme « un vecteur d’industrialisation et de transfert de savoir-faire et des technologies », la ZLECA peut permettre aux pays africains de « vraiment décoller et d’avoir des économies compétitives dans un monde globalisé », soutient-il.

« Mieux, les investissements chinois dans l’industrie, les infrastructures et l’agriculture constituent un moyen concret de surmonter la pauvreté et le sous-développement », souligne l’enseignant-chercheur, avant de conclure que l’ICR est « un nouveau modèle de politique internationale qui s’attaque à la principale lacune léguée par le colonialisme, à savoir le manque de développement en Afrique ».