Depuis le 31 mars 2018, le ministère de l’industrie et des technologies de l’information a interdit l’utilisation des réseaux privés virtuels (VPN), permettant de se connecter au réseau local d’un pays étranger et d’éviter ainsi la grande muraille du web chinois.

Les nouvelles règles stipulent qu’aucune entreprise ne pourra à l’avenir créer ou louer un serveur VPN sans l’autorisation expresse des autorités compétentes. Selon les médias étrangers, cette mesure affectera les entreprises étrangères basées en Chine.

En janvier, les autorités avaient ordonné le «nettoyage et la régulation du service d’accès au réseau internet» avant le 31 mars 2018. Désormais, les particuliers et entreprises non compétentes pour l’exploitation des services de télécommunication à l’international ne pourront plus utiliser de VPN sans l’approbation des autorités.

Depuis 2017, le gouvernement a resserré la vis de l’usage des VPN par les particuliers. Or, cette fois-ci, ce sont les entreprises qui sont ciblées. Un habitant de Shenzhen a expliqué à Radio Free Asia qu’il n’est pas touché.

«De ce que j’ai entendu, cela devrait toucher les entreprises, et notamment les entreprises à capitaux étrangers. Si elles veulent continuer à communiquer à l’international et utiliser un VPN, elles devront demander une autorisation aux autorités. L’usage de ces outils par les entreprises est aujourd’hui très encadré», a indiqué ce dernier.

Le Wall Street Journal a indiqué le 1 avril dernier qu’une telle mesure va obliger les entreprises à augmenter leurs coûts d’exploitation. Ces coûts incluent entre autres l’évaluation des actifs du réseau et des données, et le recrutement de cadres supérieurs en charge de la cyber-sécurité.

Selon PricewaterhouseCoopers, réseau d’entreprises spécialisées dans des missions d’audit, les entreprises à capitaux étrangers basées en Chine continentale et à Hong Kong ont dû en 2017 dépenser 25% de plus que leurs homologues pour se conformer aux lois chinoises sur la protection d’Internet et s’adapter à de nouveaux outils.

De son côté, Li Wei, militant des droits de l’homme pékinois, a indiqué que la population trouvera toujours un moyen de contourner la censure, quelles que soient les mesures entreprises par l’État :

« En renforçant chaque fois le contrôle, les autorités ne veulent plus laisser aucune marge de manœuvre à la population. Cependant, elles n’y parviendront jamais totalement. Je suis toujours fasciné par la facilité avec laquelle certains jeunes contournent la censure pour jouer à des jeux en ligne. Cela montre bien que les Chinois auront toujours un temps d’avance ».