L’Africa Risk-Reward Index 2019 offre une vue d’ensemble et actualisée du paysage très dynamique de l’investissement en Afrique.

La quatrième édition du rapport de l’Africa Risk-Reward Index de Control Risks (ControlRisks.com), un cabinet de conseil international spécialisé dans la gestion des risques, et Oxford Economics (OxfordEconomics.com), une société de conseil mondiale indépendante, vient d’être publié.

Ce rapport met en évidence l’investissement sur les principaux marchés africains. L’étude montre – entre autre – que l’investissement en Afrique a traditionnellement été dominé par ses grandes économies, mais l’émergence tant attendue de blocs commerciaux intercontinentaux modifie l’équilibre des pouvoirs.

Le rapport explore l’énorme importance potentielle de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), introduite fin mai, tout en soulevant certaines préoccupations quant à sa mise en œuvre. Il analyse également les progrès significatifs réalisés par les blocs régionaux, tels que le renforcement de la Communauté est-Afraine (CAE).

«L’édition actuelle de l’indice montre une légère augmentation des scores pour certaines des plus grandes économies du continent, y compris le Nigeria, l’Angola et l’Egypte, alors que la reprise économique chez ces géants gagne du terrain. Cependant, c’est en Afrique de l’Est que le potentiel de rentabilité reste le plus élevé, l’expansion des services et le développement des infrastructures stimulant la demande et améliorant l’environnement des affaires», a expliqué Jacques Nel, économiste en chef pour l’Afrique australe et orientale chez Oxford Economics.

Le rapport aborde également « les interprétations erronées communes concernant les influences extérieures affectant les économies africaines. L’Afrique n’est plus un champ de bataille équilibré pour les joueurs américains et chinois comme on le pense généralement », note le communiqué de presse d’APO Group.

Les échanges commerciaux entre les États-Unis et l’Afrique s’élèvent actuellement à 39 milliards de dollars, tandis que ceux entre la Chine et l’Afrique représentent plus de 200 milliards de dollars et que ceux entre l’UE et l’Afrique dépassent désormais les 300 milliards de dollars, selon les données révélées dans le rapport.

La recherche note également un regain d’intérêt pour l’Afrique de la part d’acteurs géopolitiques plus petits, tels que la Russie, les États du Golfe, la Turquie et l’Inde. Ainsi,

«le récit classique de la rivalité américano-chinoise en Afrique a toujours eu l’air d’une simplification excessive, mais il est certainement désuet aujourd’hui. L’engagement de la Chine avec l’Afrique est en train de changer fondamentalement, les États-Unis rattrapent leur retard et une foule d’autres pays cherchent à étendre leur influence dans un paysage de plus en plus multipolaire»

Barnaby Fletcher, directeur associé chez Control Risks.

Pour ce dernier, «les objectifs géopolitiques sont soutenus par un afflux de financement du développement, créant à la fois des opportunités et de la concurrence pour les acteurs du secteur privé».

L’Afrique reste une destination d’investissement attrayante avec sa population jeune et de plus en plus urbaine, sa richesse en ressources naturelles et sa capacité avérée à faire le grand saut technologique dans des domaines comme les télécommunications ou la finance.

La concurrence croissante pour l’investissement à travers le continent contribue à promouvoir les réformes, ce qui, à son tour, encourage l’investissement. En Afrique, la diversification est de plus en plus synonyme de succès et les économies ne peuvent plus se contenter de détenir la plus grande partie des ressources minérales.

«La dépendance à l’égard des exportations de matières premières est une grave faiblesse pour une économie, surtout en période de guerre commerciale qui menace de faire baisser encore davantage la demande chinoise de produits de base et la demande mondiale de pétrole et de gaz. C’est pour cette raison que les gouvernements se font concurrence pour attirer les capitaux d’investissement et les entreprises afin de développer leurs secteurs manufacturiers et des services, pour fournir des biens et des services aux millions d’Africains qui s’installent dans les villes du continent»

François Conradie, directeur de la recherche en Afrique chez Oxford Economics.