Le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud vont se concentrer tout au long de l’année 2018 sur les problèmes et défis majeurs en Afrique, au moment où l’Afrique du Sud en assurera la présidence.

En 2013, les BRICS ont mit en place plusieurs mécanismes à la suite du 5ème sommet des BRICS , placé sous le thème « BRICS et Afrique : un partenariat pour le développement, l’intégration et l’industrialisation ». Le but était alors, et est encore aujourd’hui, de développer les échanges économiques et financiers, répondre aux enjeux climatiques, de pauvreté, d’éducation et d’émancipation de la femme.

Il y a cinq ans déjà, l’ambassadeur sud-africain Jerry Matjila, directeur général du département des relations internationales et de coopération de l’Afrique du Sud, a  expliqué que « de nombreux pays en développement ont un grand potentiel de développement, mais depuis longtemps, la communauté internationale n’entend plus leur voix ».

Raison pour laquelle, le mécanisme de coopération des BRICS a été mit en place afin de « diffuser la voix des pays en développement sur la scène internationale. Parallèlement, cela augmente la confiance des pays en développement, qui peuvent choisir leur voie selon leur volonté, au lieu d’être sous la coupe des autres », a souligné ce dernier.

Dans le but de sortir du carcan occidental, la création de la Banque de développement des pays émergents est une stratégie des BRICS pour contrecarrer les institutions financières internationales (FMI, Banque Mondiale). D’autant qu’au cours « de la dernière décennie, les relations commerciales de l’Afrique avec les Brics se sont développées plus rapidement que ses échanges avec toute autre région du monde. Ce renforcement des liens économiques du continent avec ses partenaires non-occidentaux n’est peut-être pas étranger à la résilience exceptionnelle affichée par le continent face à la récente crise économique mondiale », a expliqué à RFI, Jean-Joseph Boillot, économiste et conseiller au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII).

D’après ce dernier, « pour la première fois depuis les indépendances, une crise financière internationale de grande envergure comme ce que le monde a connu à partir de 2008 n’a pas eu d’impacts significatifs sur les économies africaines. C’est l’un des bienfaits de la réorientation des échanges africains, notamment vers les pays des BRICS. Plus généralement, on peut dire que l’engagement grandissant des puissances émergentes en Afrique a contribué à sortir celle-ci d’un rapport de force néocolonial et donc défavorable avec les pays développés occidentaux ».

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